Delhi etouffe dans un brouillard de pollution

05 Novembre, 2019, 00:42 | Auteur: Lynn Cook
  • Une avenue à New Delhi qui connait un pic de pollution le 1er novembre 2019

Lundi matin, une brume nauséabonde et écœurante emprisonne toujours New Delhi.

Il s'agit d'un des plus violents épisodes de pollution atmosphérique qu'a connu la mégapole ces dernières années, souvent qualifiée par des responsables indiens de "chambre à gaz".

"La pollution à Delhi est très importante et ici à l'aéroport nous avons du mal à respirer, nous avons les yeux qui brûlent comme si quelqu'un nous avait mis du piment dedans", raconte un habitant.

Chaque année au début de l'hiver, une conjonction de facteurs naturels (froid, vents faibles.) et humains (brûlis agricoles, émissions industrielles et automobiles, feux pour se réchauffer.) transforme New Delhi en "chambre à gaz", une expression fréquemment utilisée par ses dirigeants.

Les écoles de Delhi seront fermées jusque mardi tandis que la circulation alternée doit être mise en place du 4 au 15 novembre.

Dès lundi, le gouvernement de la ville limitera également l'utilisation de véhicules privés sur les routes de la capitale dans le cadre d'un système "impair" basé sur des plaques d'immatriculation. Cependant, les experts sont très circonspects sur l'efficacité de ce dispositif, utilisé plusieurs fois depuis 2016, notamment en raison des très nombreuses exemptions, pour les deux-roues ou pour les conductrices par exemple. L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière.

D'un diamètre égal au trentième de celui d'un cheveu humain, les particules fines en suspension dans ce smog peuvent s'infiltrer dans le sang, à travers les poumons. Une exposition à long terme aux PM2,5 accentue les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons. Ce vendredi, New Delhi connaît un pic de pollution atmosphérique extrême, un " état d'urgence sanitaire " pour les autorités.

Nombre d'habitants se plaignaient de problèmes à la gorge et aux yeux.

En 2017, la pollution de l'air a causé 1,2 million de décès prématurés dans le pays, selon l'estimation d'une étude parue l'année dernière dans la revue scientifique The Lancet. "Les carottes aident aussi contre les effets négatifs sur la santé apportés par la pollution", a écrit le ministre indien de la Santé sur Twitter. Un rapport de l'ONU avait affirmé l'an passé que 14 des villes les plus polluées au monde se trouvaient en Inde. "Chaque respiration que nous prenons nous tue plus rapidement, nous et nos proches, et pourtant nous ne pouvons rien faire contre cela, ce qui nous rend impuissants, tristes et en colère", ont-ils déclaré dans une lettre ouverte.

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