Boeing: jusqu'à 50 avions immobilisés dans le monde à cause de fissures

05 Novembre, 2019, 18:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Des dizaines de Boeing 737NG immobilisés pour des risques de fissures

Un porte-parole du groupe a déclaré jeudi à l'AFP qu'environ un millier d'appareils avaient à ce stade été inspectés dans le monde et que moins de 5% - soit jusqu'à 50 avions - présentaient des "observations" qui nécessitaient leur immobilisation aux fins de réparations.

Le constructeur américain Boeing reconnait, ce jeudi 31 octobre que des fissures avaient été découvertes sur nombre de ses 737 NG dans le cadre d'une inspection mondiale de ses appareils.

Cependant, la compagnie australienne se veut rassurante. Ces modèles sont les prédécesseurs des 737 Max, qui avaient déjà défrayé la chronique. Séoul a fait savoir de son côté que neuf avions avaient été immobilisés début octobre, dont cinq opérés par Korean Air.

"Nous avons encore plus à apprendre pour que cela ne se reproduise plus jamais", a-t-il ajouté alors que toute la flotte des 737 MAX est clouée au sol depuis mi-mars, et que les autorités de sécurité aérienne n'ont pas encore décidé de la remettre en service.

Boeing a annoncé début octobre la découverte de fissures sur le "pickle fork", la partie de l'avion assurant la liaison des ailes au fuselage.

La FAA avait ordonné l'inspection des 737 NG qui avaient volé plus de 30.000 fois. L'avion de Qantas présentant les fissures a effectué moins de 27 000 vols mais la FAA avait aussi demandé que les appareils ayant accumulé entre 22 600 et 29 999 cycles soient inspectés dans les 1000 cycles suivants.

"Nous n'utilisons un avion que lorsqu'il apporte toutes les garanties de sécurité", a souligné Chris Snook, le chef de l'ingénierie de la compagnie australienne. Dérivé en trois versions (737-700, 737-800 et 737-900 de 126 à 220 sièges), il a été produit à 6.162 exemplaires depuis son lancement au milieu des années 1990 selon le constructeur.

Selon le témoignage écrit de DeFazio, Boeing a offert à Southwest Airlines, son plus gros client des États-Unis, un rabais de 1 million de dollars par avion, dont le prix affiché dépasse 120 millions de dollars, si les pilotes avaient besoin d'une formation sur simulateur.

" Ryanair poursuit l'examen de ses appareils conformément à la consigne de navigabilité et ne s'attend pas à ce qu'il y ait une incidence sur ses activités ou sur la disponibilité de sa flotte", affirme la compagnie dans un communiqué.

La compagnie à bas coûts Norwegian, qui exploite 118 Boeing 737-800, a de son côté indiqué dans un courriel à l'AFP que sa flotte n'était "pas immédiatement concernée" par ces inspections en raison de sa jeunesse, tout comme Royal Air Maroc, qui exploite 36 Boeing 737 NG.

De fait, l'annonce de la compagnie australienne a suscité des craintes sur un risque de fissure sur des avions plus récents.

Quant à Transavia France, filiale low cost du groupe Air France-KLM, "des vérifications ont débuté" sur ses 38 appareils et "à ce jour aucune anomalie n'a été détectée", selon un porte-parole.

"Ces aéronefs devraient rester en sécurité au sol jusqu'à la fin des inspections urgentes", a déclaré Steve Purvinas, représentant du syndicat des ingénieurs, dans un communiqué. "C'est sans précédent", a tempêté l'élu Peter DeFazio, fustigeant le fait que les pilotes n'aient pas été informés de l'existence du MCAS, un logiciel censé empêcher le 737 MAX de partir en piqué, notamment en cas de perte de vitesse.

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