Donald Trump face au témoignage accablant d'un diplomate — Procédure de destitution

01 Novembre, 2019, 03:53 | Auteur: Sue Barrett
  • Syrie rébellion républicaine G7 la mauvaise semaine de Donald Trump

Concrètement, il a relaté comment le président de la première puissance mondiale avait essayé de faire pression sur l'Ukraine, chantage économique à l'appui, pour que ce pays enquête sur la famille de son rival démocrate Joe Biden à l'approche de l'élection de 2020. "TRAHISON", avait alors dénoncé Donald Trump sur Twitter, exhortant son ministre de la Justice de l'époque à mener une enquête et le New York Times à révéler le nom du "lâche".

"L'ambassadeur Sondland a dit qu'il avait parlé au président ukrainien Volodymyr Zelensky [.] et lui avait dit que 'même si ce n'est pas une contrepartie', s'il 'n'éclaircissait pas les choses' en public, nous serions dans une impasse", a-t-il raconté devant les élus avant de traduire: "J'ai compris 'impasse' comme voulant dire que l'Ukraine ne recevrait pas l'assistance militaire dont elle avait cruellement besoin". Je 'trouve ça dingue de suspendre l'aide sécuritaire en échange d'un coup de main pour une campagne politique', écrivait-il.

Le président américain avait-il senti venir cette déposition à haut-risque? "C'était encore aujourd'hui des ouï-dire et des fuites sélectives dans le cadre d'auditions aux motivations politiques, à huis clos et opaques de la part des démocrates".

Furieux et visiblement inquiet, Donald Trump a comparé mardi la procédure de destitution le visant à un "lynchage", mot lourd de sens aux Etats-Unis, au moment même où l'enquête du Congrès pourrait progresser de manière significative avec l'audition d'un témoin-clé. 'C'était tout simplement le témoignage le plus accablant que j'ai entendu', a surenchéri l'élue Debbie Wasserman Schultz, également démocrate.

Mais depuis l'enregistrement mardi de cet entretien, le sénateur a pris soin de préciser que rien ne lui laissait penser, à cette heure, que M. Trump avait commis des faits passibles d'un "impeachment".

" Tout y est ", a ajouté Tom Malinowski".

Dans sa déclaration d'ouverture de 15 pages qu'il avait préparée pour sa comparution devant les législateurs mardi, le diplomate de longue date a détaillé l'importance de cette rencontre à Toronto entre Zelensky et Volker.

"L'influent élu républicain a toutefois qualifié " d'extrêmement injuste " l'enquête ouverte par les démocrates au Congrès en vue de destituer Donald Trump: " Je pense que le président peut légitimement se plaindre de cette procédure ".

" Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: "un lynchage ", a-t-il ajouté".

L'utilisation d'un mot qui renvoie aux Etats-Unis à l'histoire de l'esclavage et à la ségrégation raciale a suscité de vives réactions.

"Fait remarquable, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui se tient le plus souvent à l'écart de toute critique du président, a exprimé son désaccord".

" C'est honteux d'utiliser le mot 'lynchage' pour décrire le fait d'être tenu responsable de ses actes", a réagi Julian Castro, l'un des candidats à la primaire démocrate. "C'est un mot qu'il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence", ajoutait l'élu afro-américain.

" Un lynchage? 4.743 personnes ont été lynchées aux Etats-Unis entre 1882 et 1968, parmi lesquels 3.446 Afro-Américains", a réagi Kristen Clarke, présidente d'une association de défense des droits civiques.

La porte-parole de la Maison blanche, Stephanie Grisham, a tenté de défendre le président: "Il n'y a pas eu de quid pro quo". Si c'est le cas, la procédure passerait au Sénat, à majorité républicaine, pour le "procès" du président.

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