Infos Reuters: LVMH fait une offre pour racheter le joaillier Tiffany

29 Octobre, 2019, 02:55 | Auteur: Aubrey Nash
  • REUTERS Tiffany n’a pas encore répondu à cette proposition

LVMH a confirmé lundi avant l'ouverture de la Bourse de Paris avoir engagé "des discussions préliminaires" en vue d'une "éventuelle opération" sans apporter davantage de commentaire.

Le géant mondial du luxe LVMH, propriété du milliardaire français Bernard Arnault, souhaite mettre la main sur le joaillier américain Tiffany, célèbre pour ses bagues de fiançailles et ses diamants.

Le groupe américain "examine attentivement la proposition, avec l'aide de conseillers financiers et juridiques indépendants, afin de déterminer les mesures qu'il juge dans l'intérêt de la société et de ses actionnaires", a expliqué joaillier dans un communiqué.

Une acquisition de Tiffany renforcerait également LVMH dans la joaillerie, où sa marque Bulgari, rachetée pour 5,2 milliards de dollars en 2011, fait face à Cartier et Van Cleef & Arpels, toutes deux détenues par le groupe suisse Richemont. Le géant du luxe propose 120 dollars par titre, ce qui représente une prime de 22 % pour les actionnaires comparé au cours de clôture du titre vendredi soir à Wall Street.

Ce que n'est pas disposé à faire pour le moment le groupe français qui verrait, en cas de fusion, sa croissance dopée aux États-Unis, son deuxième marché après l'Asie. Un rachat de Tiffany par LVMH constituerait une des plus grosses acquisitions du groupe français, présent dans différents secteurs d'activités, allant de la mode aux vins et spiritueux en passant les parfums, les cosmétiques et la distribution sélective.

Les sources n'ont pas indiqué le prix offert par LVMH pour Tiffany, dont la capitalisation boursière tourne autour de 12 milliards de dollars. Le groupe limiterait par la même occasion les effets négatifs des tensions commerciales qui pèsent sur la demande de produits de luxe en Chine.

Les deux camps se livrent à des analyses des performances passées de Tiffany comparé aux autres groupes du luxe, dont les bénéfices et marges ont flambé depuis 2014 sous l'impulsion de la clientèle asiatique et en l'occurrence chinoise au pouvoir d'achat conséquent.

"Cette source anonyme a aussi confirmé des informations de Bloomberg News selon lesquelles Tiffany dont la croissance est freinée par le dollar fort et une baisse des dépenses des touristes, s'est entouré de grandes banques pour la conseiller sur ces avances de LVMH".

Cette opération, si elle prenait forme, permettrait à LVMH de "compléter un portefeuille de marques uniques", en renforçant sa présence dans la joaillerie, ont commenté les analystes d'Invest Securities.

"C'est dire toute l'importance que le groupe LVMH continue d'attribuer au marché américain qui reste intrinsèquement le premier débouché mondial du luxe", ont ajouté les analystes. Les discussions entre les deux entreprises interviennent quelques jours seulement après l'inauguration dans le Texas (sud) d'une usine Louis Vuitton par M. Arnault, accompagné par le président américain Donald Trump et sa fille Ivanka.

Fondé en 1837 par Charles Lewis Tiffany, le joaillier new-yorkais avait ouvert sa première boutique dans le sud de Manhattan. Il avait fait son entrée en Bourse en mai 1987, près de 150 ans après sa création.

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