Vote historique au Parlement britannique — Brexit

20 Octobre, 2019, 08:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Boris Johnson à Bruxelles jeudi

Boris Johnson doit donc convaincre trente députés de la supériorité de son accord, sans en perdre.

Après le vote des députés britanniques à la Chambre des communes, le Premier ministre Boris Johnson a assuré le président du Conseil européen Donald Tusk, de l'envoi, samedi soir, d'une lettre réclamant un report du Brexit. "Un nouveau report serait mauvais pour ce pays, mauvais pour l'Union européenne et mauvais pour la démocratie", a-t-il ajouté. Le lendemain, le Premier ministre conservateur David Cameron, initiateur du référendum mais partisan du maintien dans l'UE, démissionne.

Les chefs d'État et de gouvernement des 27 autres pays de l'Union européenne ont déjà tranché, jeudi, alors qu'ils étaient rassemblés à Bruxelles: pour eux, c'est "oui", le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE peut se faire le 31 octobre, sur base de ce texte âprement négocié.

Cette demande est la conséquence d'un vote des députés de Westminster, qui ont décidé samedi après-midi à une courte majorité de reporter leur décision sur le nouvel accord de divorce annoncé contre toute attente jeudi entre Londres et Bruxelles. Ils ont approuvé par 322 voix (306 contre) un amendement suspendant tout feu vert du Parlement à l'adoption d'une loi d'application de l'accord.

Le Parlement britannique a adopté la loi n ° 2 de 2018 sur le retrait de l'Union européenne (UE) (loi n ° 2 de 2019), qui oblige désormais le gouvernement de Sa Majesté à demander une prolongation du délai prévu à l'article 50, paragraphe 3, du traité sur l'Union européenne, y compris conformément à l'article 106 bis du traité Euratom, expirant actuellement à 23 heures GMT le 31 octobre 2019, jusqu'à 23 heures GMT le 31 janvier 2020.

Décision accueillie avec des cris de joie et des applaudissements par les centaines de milliers d'europhiles qui manifestaient devant le Parlement en faveur d'un nouveau référendum: "C'est formidable, ça éloigne le Brexit!", s'est exclamé Philip Dobson, 40 ans.

Boris Johnson a appelé les 27, dont l'aval unanime est requis, à ne pas se laisser "attirer" par un report.

Inflexible, Boris Johnson a assuré qu'il présenterait "la semaine prochaine " au Parlement la législation nécessaire à la mise en oeuvre du Brexit.

L'amendement voté samedi, qui porte le nom de son promoteur, l'ex-tory Oliver Letwin, laisse le Royaume-Uni en plein flou sur la manière dont il va sortir de l'Union européenne.

De son côté, la Commission européenne a "pris note" de ce report et demande au gouvernement britannique de l'informer des "prochaines étapes" de la procédure de divorce.

"Le public verra tout simplement plus de manigances parlementaires, (.) plus de tentatives d'arrêter le Brexit", a réagi le leader de l'europhobe Parti du Brexit.

En revanche, les partis d'opposition ont opposé une fin de non-recevoir à l'accord. Or les principaux partis d'opposition ont déjà signifié leur désaccord, même le parti unioniste nord-irlandais DUP, traditionnel allié des conservateurs dans ce dossier.

Boris Johnson a déployé tous ses efforts ces derniers jours pour convaincre les députés de soutenir son accord, enchaînant coups de téléphones et interventions à la télévision.

"On a fait une grosse bêtise" en votant à 52% pour le Brexit en 2016, estime la retraitée Suzanne O'Hallorin.

Pour cela, il maintient sur le papier l'Irlande du Nord dans le territoire douanier britannique mais prévoit un régime spécial pour les marchandises arrivant dans la province britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

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