Erdogan menace de reprendre l'offensive syrienne mardi si l'accord n'est pas respecté

19 Octobre, 2019, 13:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Militaires syriens

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé vendredi soir que ces forces kurdes, qualifiées de "terroristes" par Ankara, disposaient encore de "96 heures", soit quatre jours, jusqu'à mardi soir, pour se retirer des zones frontalières de la Turquie, dans le nord-est de la Syrie.

L'opération lancée par la Turquie avec des supplétifs syriens a ouvert un nouveau front dans la Syrie en guerre depuis 2011, où les forces kurdes, partenaires des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), ont accusé Washington de les avoir abandonnées.

Aux termes d'un accord arraché jeudi par le vice-président américain Mike Pence lors d'une visite à Ankara, la Turquie a accepté de suspendre pour cinq jours son offensive lancée le 9 octobre et d'y mettre fin si les forces kurdes des YPG se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie. Une correspondante de l'AFP, présente du côté turc de la frontière, a entendu en matinée des explosions et frappes d'artillerie, et aperçu des volutes de fumée blanche côté syrien. Le ministère a précisé que 12 des attaques provenaient de la ville frontalière syrienne de Ras al-Ain, une de Tal Abyad et une autre de la région de Tal Tamr, indiquant que divers armements légers et lourds, dont des roquettes, avaient été utilisés. "C'est une calomnie contre l'armée turque", a-t-il dit.

Les autorités kurdes ont déjà accusé Ankara d'utiliser des armes non conventionnelles, comme le napalm, ce que la Turquie a démenti. Celui-ci réclame également l'ouverture d'un corridor "permettant d'évacuer les blessés et les civils de la ville assiégée de Ras Al-Aïn".

Car "je ne peux que constater que ceux qui sortent gagnants, par la loi du plus fort, ce sont la Turquie, la Russie et l'Iran", a-t-il dit. De son côté, Donald Trump affirme que son homologue turc est déterminé à ce que la trêve soit appliquée.

Le 6 octobre, M. Trump avait ordonné le retrait des forces américaines dans le nord syrien.

"Si les promesses sont respectées d'ici mardi soir, la question de la zone de sécurité aura été résolue".

Il a aussi affirmé qu'une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie seraient installés dans cette "zone de sécurité".

Selon un haut responsable du Pentagone, les Etats-Unis maintiendront néanmoins une surveillance aérienne de la zone, pour s'assurer notamment de la sécurité des prisons où sont détenus les combattants de l'EI.

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