Pence arrache une trêve à Erdogan

18 Octobre, 2019, 08:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Erdogan : la Turquie ne «déclarera jamais de cessez-le-feu» sans avoir atteint ses objectifs

La Turquie va suspendre son offensive dans le nord de la Syrie pendant cinq jours et y mettre fin si les forces kurdes se retirent de ce secteur durant ce délai, a annoncé jeudi le vice président américain Mike Pence à Ankara, à l'issue de plus de quatre heures d'entretiens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nous suspendons l'opération, nous ne l'arrêtons pas", a déclaré M. Cavusoglu à la presse.

La Turquie mène depuis une semaine une offensive dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), alliée des Occidentaux dans la lutte antijihadiste, mais considérée comme "terroriste" par Ankara. "Nous pourrons arrêter l'opération seulement lorsque (les forces kurdes) se seront retirées complètement de la région", a-t-il ajouté, refusant toutefois de parler d'un cessez-le-feu. "Le PKK qui fait partie des Kurdes, comme vous le savez, est probablement pire en terme de terrorisme et une plus grande menace terroriste en bien des aspects que Daesh", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Washington. "Nous avons un cessez-le-feu de cinq jours", a déclaré M. Trump depuis Fort Worth, au Texas (États-Unis)".

"M. Erdogan, qui avait dénoncé mardi le " sale marché " conclu entre les forces kurdes et le régime de Bachar al-Assad, a déclaré mercredi que peu lui importait " qui des Russes ou du régime " fasse " sortir les YPG de Minbej ".

" Les Kurdes sont incroyablement heureux de cette solution", a ajouté le président des Etats-Unis.

Des bombardements ont touché et endommagé un hôpital de cette ville située près de la frontière turque, selon les forces kurdes et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La mission de M. Pence, accompagné du secrétaire d'Etat Mike Pompeo, s'annonçait pourtant difficile vu l'inflexibilité qu'avait affichés M. Erdogan. Les autorités kurdes ont réclamé un "couloir humanitaire" pour évacuer civils et blessés.

L'opération turque a aussi rebattu les cartes dans le nord de la Syrie, nouvel épicentre du conflit qui déchire ce pays depuis 2011.

Selon la déclaration conjointe, la Turquie et les Etats-Unis se sont enragés "à poursuivre les efforts visant à éliminer l'EI dans le nord-est de la Syrie" et à se coordonner au sujet "de centres de détention" de jihadistes.

Invité par le Kremlin, le président turc rencontrera son homologue russe Vladimir Poutine le 22 octobre dans la station balnéaire de Sotchi, a précisé mercredi la présidence turque.