De hauts fonctionnaires chinois sanctionnés pour la répression des Ouïgours — USA

11 Octobre, 2019, 10:01 | Auteur: Lynn Cook
  • Ouïghours : Washington place 28 organisations chinoises sur liste noire

Cette décision américaine intervient à quelques jours de la reprise des négociations entre Pékin et Washington en vue de parvenir à un accord commercial global pour mettre fin à l'impasse de la guerre des taxes douanières que se livrent depuis plus d'un an les deux premières économies mondiales.

Selon des organisations de défense des droits humains, ainsi que la diplomatie américaine, plus d'un million de musulmans, principalement des Ouïghours, sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique.

Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" afin de lutter contre l'islamisme, le séparatisme et le terrorisme, le Xinjiang ayant été par le passé le théâtre d'attentats attribués aux Ouïgours. Ces organisations se voient privées de la possibilité d'exporter leurs produits vers les États-Unis. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a déclaré devant la presse qu'il n'y avait pas "de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Parmi les entités concernées figurent la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d'intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux États-Unis. "Cette mesure permettra que nos technologies (.) ne soient pas utilisées pour réprimer des populations minoritaires sans défense", a expliqué M. Ross. Le gouvernement américain a précisé que huit des 28 organisations visées étaient des entités commerciales, les autres étant des organismes gouvernementaux, dont le Bureau de la sécurité publique (police) du Xinjiang.

" Ces entités ont toutes été impliquées dans la mise en place de la campagne chinoise de répression, de détention arbitraire de masse et de surveillance de haute technologie ", a précisé le communiqué américain.

Hikvision, dont la valorisation sur le marché atteint 42 milliards de dollars, se revendique comme le premier fournisseur mondial d'équipements de vidéosurveillance.

Le département du Commerce a ajouté 28 noms à une liste noire de sociétés et d'organismes publics chinois auxquels la vente de composants américains est interdite sans autorisation officielle.

Depuis l'adoption du Uyghur Human Rights Policy Act, en janvier, les appels à accroître la pression sur Pékin au sujet du Xinjiang se faisaient de plus en plus forts parmi les élus américains de tous bords. Partenaire des groupes américains Qualcomm et Nvidia, SenseTime s'est de son côté dite "profondément déçue " de la décision de Washington et a indiqué qu'elle allait "travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation ". Le groupe chinois est menacé de perdre son accès à Android, le système d'exploitation américain qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde.

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