Turquie : l'offensive de trop ?

10 Octobre, 2019, 05:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Les USA empêchent l'invasion turque par la coupure des renseignements

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a expliqué la position du Canada dans une série de tweets publiés en fin d'après-midi, affirmant que l'action unilatérale de la Turquie risquait de freiner les progrès réalisés à l'encontre des combattants du groupe armé État islamique (EI).

Dès mardi soir, les Forces démocratiques syriennes (FDS), emmenées par des combattants kurdes, affirmaient sur Twitter que l'attaque avait démarré: "L'armée turque bombarde l'une de nos positions ".

Selon lui, le soutien de Washington aux Kurdes en Syrie ces dernières années a "provoqué la colère des populations arabes habitant traditionnellement sur ces territoires".

Évoquant une prochaine opération militaire contre une milice kurde syrienne, Ankara a, de son côté, massé des renforts et dépêché des véhicules blindés dans le secteur. Alors que sur place, on rapporte que des milliers de personnes fuient déjà les bombardements turcs, l'UE appelle à l'arrêt immédiat de l'opération tandis que le congrès américain dit qu'il fera payer "très cher" à la Turquie son offensive.

Des membres de l'armée syrienne libre qui soutient les troupes turques.

Le président russe Vladimir Poutine a appelé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à " bien réfléchir " avant de lancer une offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, a indiqué un communiqué du Kremlin.

Accusé jusque dans son propre camp de lâcher des alliés des Etats-Unis, le président Trump a réorienté lundi son discours en affirmant qu'il "anéantirait complètement l'économie de la Turquie" si celle-ci "dépassait les bornes".

Les Kurdes de la région "sont très inquiets" après l'annonce américaine d'un retrait des troupes, et "ils craignent que cela mette le feu à toute la région".

D'après le quotidien turc Hürriyet, cité par l'AFP, la Turquie envisage dans un premier temps de prendre le contrôle d'une bande de territoire longue de 120 km et profonde d'une trentaine de kilomètres allant des villes de Tal Abyad à Ras al-Aïn, selon le journal. À terme, Ankara entend créer une " zone de sécurité", sorte de tampon de 30 km de profondeur s'étirant de l'Euphrate à la frontière irakienne, soit 480 km.

L'état-major turc a annoncé avoir entamé la phase terrestre de l'opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qui avait débuté plus tôt dans la journée, dans le nord-est de la Syrie.

" Nous allons préserver l'intégrité territoriale de la Syrie et libérer les communautés locales des terroristes ", a déclaré le président Erdogan peu après le début de ce qu'il appelle " l'Opération Paix Printemps ".

En cas d'invasion turque, les FDS ont annoncé qu'elles tiendraient l'Organisation des Nations Unis, les États-Unis, l'Union européenne et la Russie pour responsables d'une " catastrophe humanitaire " dans le nord de la Syrie.

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