Merkel avertit Londres qu'un accord est très "improbable" — Brexit

10 Octobre, 2019, 15:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Brexit : Johnson exclut tout nouveau report Macron propose un bilan en fin de semaine

Cette conversation téléphonique, dit-on encore, était un "moment de clarification" et si les propos de Merkel constituent la nouvelle position établie des Européens, alors tout accord est "virtuellement impossible".

Après plusieurs séances de discussions techniques et un entretien téléphonique difficile entre Boris Johnson et Angela Merkel, des sources britanniques avaient jugé mardi un accord très improbable.

Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé sur Twitter Boris Johnson de jouer avec "l'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni" en se prêtant à un "jeu stupide consistant à trouver un coupable" en cas d'échec des négociations.

L'enjeu de la question irlandaise est d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlandes et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré que "la négociation devait se poursuivre rapidement dans les prochains jours avec l'équipe de Michel Barnier [le négociateur en chef du Brexit pour l'UE], afin d'évaluer en fin de semaine prochaine si un accord est possible", selon l'Elysée.

De difficiles négociations se poursuivaient mardi à Bruxelles sur la base d'un projet présenté mercredi dernier par Boris Johnson pour tenter de mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson rencontre jeudi son homologue irlandais Leo Varadkar, à un moment critique alors que les négociations sur le Brexit butent toujours, dans leur phase finale, sur la question de la frontière irlandaise.

Cette demande de report devra être approuvée à l'unanimité des autres États membres, et devra être motivée, a souligné mercredi la secrétaire d'État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin.

Vendredi, le ministre britannique du Brexit Steve Barclay va se rendre à Bruxelles pour rencontrer Michel Barnier. Ces problèmes sont le retour de contrôles douaniers entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, et le droit de veto que Londres souhaite accorder au parlement nord-irlandais.

"Le Premier ministre veut un accord, mais si nous voulons y parvenir, cela nécessitera un compromis de la part de l'UE, et ce n'est pas quelque chose que nous avons vu jusqu'à présent", a déclaré le porte-parole, ajoutant que ce n'était pas la Grande-Bretagne. c'était parler de jeux de blâme.

Mais selon une source européenne, "rien n'a bougé".

Arrivé au pouvoir fin juillet, Boris Johnson s'est engagé à sortir le Royaume-Uni de l'UE à tout prix le 31 octobre, malgré une loi le contraignant à demander un report si aucun accord n'est trouvé d'ici au 19 octobre. Un sommet européen prévu les 17 et 18 octobre devra ensuite acter un éventuel accord ou l'absence de "deal". Faute d'accord, le Royaume-Uni se prépare à un "no deal" potentiellement ravageur pour son économie, à moins que le Brexit ne soit repoussé une troisième fois.

Selon une source de Downing Street citée par le magazine The Spectator, M. Johnson table sur un échec des négociations avec l'UE et fera "toutes sortes de choses" pour éviter un report. Mais le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS) en a dressé un scénario noir, avec un plongeon de l'activité économique et une explosion du déficit public du Royaume-Uni.

Cette même source a prévenu que dans le cas contraire, le Royaume-Uni partira sans accord.

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