Fonds mondial : la France appelle les contributeurs à envoyer "un signal fort"

10 Octobre, 2019, 19:06 | Auteur: Sue Barrett
  • Bono- DR

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme va tenter jeudi de collecter 14 milliards de dollars à Lyon pour financer ses actions, un "défi" nécessaire pour venir à bout de ces épidémies d'ici à 2030.

"La France n'a aucun mérite d'accueillir cette conférence à Lyon car personne n'en voulait (.) Dans beaucoup de pays qui donnaient historiquement, la morsure est moins présente".

"On est un peu inquiets, voire en colère, car malgré tous les efforts de la société civile, des associations et des ONG pour que ce sommet soit un succès, l'objectif des 14 milliards ne semble pas atteignable", a affirmé à l'AFP Aurélien Beaucamp, président d'Aides.

Il a tout particulièrement sollicité à la tribune le Japon, la Norvège et l'Australie, ainsi que les Emirats Arabes Unis, le Qatar et l'Arabie Saoudite, qu'il a appelés à se "réconcilier" diplomatiquement autour d'un effort financier commun en faveur du Fonds mondial.

Le chef de l'Etat a annoncé une hausse de 15% de l'aide de la France au Fonds mondial dédié.

De quoi décevoir les ONG. "Vous l'avez compris la pression est maximale", a reconnu le président français. "Mais avec une hausse de 15%, il fait le minimum syndical".

"Un relâchement des financements internationaux provoquerait une reprise en force des épidémies et la riposte pour en reprendre le contrôle serait encore plus onéreuse", souligne également Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH et présidente de Sidaction.

Il a précisé que la France, qui s'est engagée jeudi matin à hauteur de 1,5 milliard d'euros, contribuerait à hauteur de 60 millions complémentaires.

"Les trois à cinq années qui viennent vont décider si nous gagnons ou pas". " Plus personne ne peut comprendre que pour des raisons financières (...) il soit aujourd'hui impossible d'accéder à des traitements pour prévenir ou guérir de telles maladies", a-t-il ajouté.

Le soir, le chef de l'Etat a déambulé dans les rues de Lyon avec Bono et Gérard Collomb après le dîner officiel à l'Hôtel de Ville de la conférence de refinancement du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Le Fonds revendique 32 millions de vies sauvées depuis sa création en 2002 et, en 2018, dans les pays où le Fonds mondial investit, 18,9 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviral contre le VIH, 5,3 millions étaient testées et traitées pour une tuberculose et 131 millions de moustiquaires ont été distribuées pour protéger les familles du paludisme.

Devant quelque 700 participants à une conférence de deux jours convoquée à Lyon pour faire le point sur le financement du Fonds ces trois prochaines années, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a exhorté ses contributeurs à "envoyer un signal fort".

L'atteinte de l'objectif final dépendra des montants engagés par le secteur privé et par la France, un des fondateurs du Fonds, mais qui n'a pas augmenté sa contribution depuis 2010.

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