Tweet polémique sur Hong-Kong: la NBA refuse de s'excuser

09 Octobre, 2019, 01:00 | Auteur: Sue Barrett
  • Il s'exprime au micro en conférence de presse

Le directeur général des Rockets, Daryl Morey, a en effet posté vendredi soir un tweet (depuis supprimé) qui supportait le mouvement de contestation à Hong Kong. A la suite de son message, les réactions indignées se sont multipliées en Chine, la chaine d'Etat CCTV a décidé ne plus retransmettre les matches des Rockets et plusieurs sponsors ont menacé de couper les ponts avec le club texan. Nous ne nous excuserons pas à la Chine, car Daryl a le droit de s'exprimer librement.

Dans un communiqué, la NBA a reconnu que le point de vue de Morey "a offensé tant de nos amis et fans en Chine, ce qui est regrettable".

"Je n'avais pas l'intention d'offenser les fans des Rockets ni mes amis en Chine avec mon tweet", a rétropédalé lundi M. Morey. "J'ai simplement exprimé une pensée, basée sur une interprétation d'une situation compliquée. J'ai eu beaucoup d'occasions depuis ce tweet d'entendre d'autres points de vue".

Il a aussi insisté sur le fait que ses tweets ne représentaient "en aucun cas" son club, très populaire en Chine, ni de la NBA.

Les excuses de la NBA s'expliquent par des enjeux financiers considérables pour la ligue américaine et ses franchises. Je regrette que tant de gens (en Chine) soient fâchés, notamment des millions et des millions de partisans de la NBA. De plus, la ligue de basket américaine a renouvelé pour cinq ans un partenariat à prix d'or avec Tencent, un géant chinois du streaming, pour un montant avoisinant 1,5 milliard de dollars selon le Wall Street Journal. Le patron de la NBA, Adam Silver, avait lui déploré auprès de l'agence japonaise Kyodo News un tweet aux "conséquences assez dramatiques". Avant d'en remettre une couche: "Nous ne nous excusons pas pour le fait que Daryl fasse usage de sa liberté d'expression". "Il existe des valeurs qui font partie de cette ligue depuis ses débuts, et qui incluent la liberté d'expression", a-t-il ajouté, pour répondre aux critiques des élus américains.

Mais les excuses de la NBA sont loin de faire l'unanimité aux Etats-Unis, et particulièrement dans le Texas.

"La Chine essaye d'utiliser la puissance de son marché pour faire taire les critiques", a réagi lundi la candidate à la primaire démocrate et sénatrice Elizabeth Warren. Pour la NBA, c'est sa principale vitrine annuelle qui disparaît. La télévision chinoise était censée diffuser deux rencontres d'exhibition entre les équipes des Brooklyn Nets et des Los Angeles Lakers, prévues jeudi à Shanghai (est), puis samedi à Shenzhen (sud).

"Nous valons mieux que ça, les droits de l'homme ne devraient pas être à vendre et la NBA ne devrait pas soutenir la censure communiste chinoise", a également twetté l'ex-Sénateur américan Ted Cruz, membre du Parti Républicain, évoquant un "honteux rétropédalage". Et, ironie du sort, les Rockets ne sont pas étrangers à ce succès: c'est la franchise texane qui a recruté en 2002 le géant chinois Yao Ming, en faisant la première star chinoise de la NBA et contribuant ainsi largement à la popularité du championnat américain dans le pays le plus peuplé de la planète.

Région semi-autonome située au sud de la Chine, Hong Kong traverse depuis quatre mois sa pire crise politique, avec des manifestations quasi-quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés ainsi que la mainmise grandissante du gouvernement chinois sur sa gestion.

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