"Critique. " Au nom de la Terre " : "Canet, paysan sacrifié

27 Septembre, 2019, 14:34 | Auteur: Sue Barrett
  • Guillaume Canet

Trois agriculteurs se sont donné la mort en Vaucluse l'an dernier sur leur lieu de travail et un autre depuis le début de l'année, d'après des chiffres fournis par la MSA, la mutualité sociale agricole. Comme chez ces gens-là, on ne se fait pas de cadeau, le patriarche "sec et rugueux" (formidablement incarné par Rufus) ne fait pas de ristourne sur le prix de vente ni le fermage annuel cher payé: "L'important, c'est que ça reste dans la famille", dit-il.

Invité de l'émission C à vous mardi 24 septembre 2019 pour promouvoir son nouveau film, "Au nom de la terre", Guillaume Canet a révélé s'être tellement investi dans son rôle que cela a influé sur son état psychologique. Car Edouard Bergeon sait rendre palpables la beauté des récoltes, la douceur des prairies et le hennissement d'un cheval quémandant une carotte par dessus l'enclos. La fresque familiale (lire notre article précédent), dans une ferme avec ses animaux et toute une histoire qui s'y développe, sera appréciée à plusieurs degrés.

Il raconte l'histoire vraie d'un agriculteur, le père du réalisateur, interprété par Guillaume Canet. Ce sont des événements qu'on a connus autour de nous. Ce n'est pas un rôle dont on sort facilement.

Edouard Bergeron a participé à l'avant première du film à Albi. Il faut quand même bien se rendre compte que c'est sa propre histoire que met en scène le journaliste-documentariste, descendant d'une longue lignée de paysans, qui a grandi dans une ferme près de Poitiers et a vu son père descendre aux enfers, accablé par le travail et les dettes. Les deux hommes sont d'ailleurs engagés auprès de Solidarité Paysans qui accompagne, défend les familles et préserve l'emploi pour les cas difficiles. Au-delà, et c'est très concret, ils ont obtenu de leur production la somme d'un euro prélevé sur tous les tickets d'entrée pour le film la journée du dimanche 29 septembre, de façon à verser la manne obtenue pour aider l'association à fonctionner et à continuer d'aider le monde paysan.

Le discours des deux artistes frôle le militantisme, à tel point qu'ils dévoilent vouloir fonder une fondation. Même s'ils préfèrent faire les choses dans l'ordre: d'abord s'assurer du succès populaire du film, lequel succès autoriserait d'avancer sur des question de fond essentielles.

Leurs idées commencent toutefois par être divulguées au détour des phrases prononcées en interviews diverses. Les spectateurs, ravis de ces projections exclusives, en sont ressortis bouleversés.

" Au nom de la Terre ".

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