La présidentielle fixée sous la pression de l’armée — Algérie

21 Septembre, 2019, 07:44 | Auteur: Sue Barrett
  • 30e marche des étudiants à Alger.
Ph:Fateh Guidoum  PPAgency

" Cette mesure anticonstitutionnelle et antidémocratique risque d'ouvrir la voie à tous les dérapages car instituant autour de la capitale un état de siège qui ne dit pas son nom. Ces mesures autoritaires prises par un pouvoir de fait, illégitime et rejeté par l'immense majorité du peuple, sont annoncées au lendemain de la convocation à des élections présidentielles (12 décembre 2019) rejetées par les millions d'Algériennes et d'Algériens qui n'ont pas cessé de l'exprimer pacifiquement depuis des mois", lit-on dans le communiqué. A cette fin, il a appelé à "l'application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l'interpellation" et la saisie "des véhicules et des autocars utilisés", ainsi que la délivrance d'"amendes à leurs propriétaires".

A cet effet, le chef d'état-major de l'ANP a souligné que "toutes les conditions propices à la tenue de cette échéance électorale, dans un climat de confiance et de transparence ont été réunies, à travers la mise en place de cette autorité nationale (Haute autorité d'organisation des élections, ndlr), l'élection de son président et son installation avec ses 50 membres, qui comptent parmi les compétences nationales connues pour leur intégrité et leur loyauté".

Dans ce discours prononcé à Tamanrasset, dans l'extrême sud, le général Gaïd Salah a motivé sa démarche par l'existence de "certaines parties (.) aux intentions malveillantes, (qui) font de la liberté de déplacement un prétexte pour justifier leur dangereux comportement", lequel "consiste à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens".

Ces "parties", non identifiées, drainent "chaque semaine des citoyens (.) vers la capitale afin d'amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n'ont rien d'innocent", a argué Ahmed Gaïd Salah. Celles-ci ont abouti à la démission du président Bouteflika en avril, mais elles se sont poursuivies sans faiblir avec parmi ses mots d'ordre le départ de l'ensemble du "système". La présidentielle pour élire un successeur à M. Bouteflika, initialement prévue le 4 juillet, avait dû être annulée, aucun candidat ne s'étant déclaré, face à l'ampleur de la contestation. "J'ai donné des instructions à la gendarmerie nationale pour empêcher la venue de manifestants d'autres wilayas (préfectures) à Alger", selon un extrait de ladite déclaration. Les manifestations étaient officiellement interdites à Alger depuis 2001 lorsque la contestation a subitement éclaté, le 22 février, face à la perspective d'un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Les policiers ont procédé à l'arrestation d'une vingtaine d'entre eux.

Lundi, une autre figure du "Hirak", Samir Benlarbi a été placé en détention préventive.

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