Pourquoi Macron met le grappin sur l'immigration

20 Septembre, 2019, 06:57 | Auteur: Lynn Cook
  • Immigration il faut regarder le sujet

Durcissant le ton sur l'immigration à 15 jours d'un débat parlementaire sur l'immigration prévu les 30 septembre et 2 octobre, il a souligné que " les flux d'entrée n'ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d'asile jamais aussi hautes en France ".

Dans une interview au Figaro, la députée LREM Delphine Bagarry a exprimé son indignation à la suite du discours d'Emmanuel Macron sur l'immigration, disant avoir l'impression d'écouter un responsable du Front national.

Lors de la campagne de 2017, Emmanuel Macron avait déjà affirmé à l'AFP vouloir s'attaquer à " l'insécurité culturelle " ressentie selon lui par les classes moyennes " tentées " par l'extrême droite. Les classes populaires vivent avec ", a indiqué Macron, ajoutant: "La gauche n'a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies.

Une inflexion "droitière" dans le discours présidentiel qui replace le sujet éruptif de l'immigration au cœur du débat politique dans la perspective des municipales (2020) et de la présidentielle (2022), face à une extrême droite en embuscade.

" La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas". En expliquant que les bourgeois n'avaient "pas de problème" avec l'immigration car "ils ne la croisent pas" alors que "les classes populaires vivent avec".

"Dans la même veine, le numéro 1 français a déploré le fait que le droit d'asile soit détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui le manipulent".

Selon le baromètre annuel "Fractures françaises" réalisé par Ipsos/Sopra Steria publié lundi, "le niveau de l'immigration" est relégué au quatrième rang des "enjeux les plus préoccupants" pour les Français (32%).

Ceci nous rappelle, au-delà du pitoyable et du pathétique du "lider maximo" de La France insoumise (insoumise à l'état de droit quand cela l'arrange) que le populisme est un danger mortifère pour notre liberté, notre égalité et notre fraternité parce que - qu'il soit de gauche ou de droite - il se pose en champion d'une cause qui passe par la destruction de la démocratie et de la république libérales, les seules qui ont démontré qu'elles étaient capables de lutter pour celles-ci et de nous garder de l'autoritarisme et du totalitarisme. "Plusieurs catégories de la population restent nerveuses", a-t-il mis en garde lundi devant quelque 200 parlementaires de la majorité.

Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR (droite), a aussitôt réagi en appelant à de "vraies mesures" au lieu de "mots" et de "clins d'oeil à la droite ou à la droite de la droite".

"À reprendre les angles du RN, le Président Macron qui se posait un rempart est devenu une passerelle", a abondé Olivier Faure, premier secrétaire du PS. Macron joue les illusionnistes.

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