Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompart au procès de Bobigny

20 Septembre, 2019, 00:37 | Auteur: Sue Barrett
  • Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompart au procès de Bobigny

Près d'un an après l'épisode - désastreux pour son image - des perquisitions chez lui et au siège de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et quatre de ses proches répondent, ces 19 et 20 septembre devant les juges de Bobigny, d'actes d'intimidation envers l'autorité judiciaire, rébellion et provocation.

Jean-Luc Mélenchon et ses cinq coprévenus sont arrivés vers 08h30 au tribunal correctionnel de Bobigny où ils doivent comparaître jusqu'à vendredi pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI en octobre, relate l'AFP. "Ceint de son écharpe tricolore d'élu, il avait laissé à un de ses co-prévenus, le député Alexis Corbière, le soin de mener la charge".

"Nous ferons entendre des arguments (.) qui feront comprendre que depuis le début cette affaire est politique", a-t-il ajouté dans sa brève allocution, remerciant également "tous ceux qui ces derniers jours ont manifesté leur soutien".

Mais dès l'ouverture du procès, à 9h30, le parquet a demandé son renvoi à une date ultérieure.

Le ministère public demandait un report au motif que les conclusions du rapport de l'IGPN, saisie après une plainte de LFI pour des violences policières lors de la perquisition, n'avaient pas été transmises à toutes les parties. "Il n'est pas possible de juger sereinement ce dossier", estimait le parquet, dont la requête a été rejetée par le tribunal. "Le procès politique des insoumis organisé par Belloubet tourne à la farce muette", a ironisé le patron des Insoumis, sur Twitter pendant l'audience. "Allez droit au but, soyez offensif!" lui a conseillé Jean-Luc Mélenchon, déclenchant le rire dans la salle.

Et il s'est dit à nouveau victime d'un "procès politique": "Je ne parle pas de complot, mais d'effet de système".

Les député Alexis Corbière et l'eurodéputé Manuel Bompard sont au nombre des prévenus, qui comparaissent pour "rébellion commise en réunion", "provocation directe à la rébellion", "acte d'intimidation envers une personne dépositaire de l'autorité publique" ou "acte d'intimidation envers un magistrat". Jean-Luc Mélenchon risque jusqu'à dix ans de prison, 150 000 € d'amende et une peine d'inéligibilité de cinq ans.

La matinée d'audience avait été consacrée au visionnage des images tournées par la presse lors de la perquisition du 16 octobre qui avait viré à la confrontation.

"Je souhaite répondre à M. Mélenchon que mes clients sont des fonctionnaires de police qui agissent dans un esprit républicain", a poursuivi l'avocat qui partage le banc des parties civiles notamment avec Me Eric Dupond-Moretti. Jean-Luc Mélenchon dénonce une "dérive autoritaire du pouvoir".

Des policiers et des magistrats figurent parmi les parties civiles.

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