Il pourrait faire 6 à 7°C de plus en 2100 — Réchauffement climatique

20 Septembre, 2019, 00:59 | Auteur: Lynn Cook
  • L'Accord de Paris sur le climat de 2015 prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 °CShutterstock

Les travaux, réalisés par les chercheurs et ingénieurs du Centre national de la recherche scientifique, du Commissariat à l'énergie atomique et de Météo-France serviront de base au 6 rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) prévu pour 2021-2022.

Le réchauffement climatique s'annonce plus prononcé que prévu, quels que soient les efforts faits pour le contrer, ont averti mardi 17 septembre des scientifiques français. Du côté des scientifiques français, ce sont notamment des chercheurs du CEA, de Météo-France et du CNRS qui ont été impliqués dans ce travail. Voici ce qu'il faut retenir de leur rapport.

LIRE AUSSI Et si la clef de la lutte contre le dérèglement climatique était dans les champs? "Dans le pire des scénarios considérés, la hausse de température moyenne globale atteint 6,5 à 7°C en 2100", estiment les scientifiques. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait une hausse des températures de 4,8°C par rapport à la période pré-industrielle.

Ce scénario signifie les multiplications des vagues de chaleur en France. "A contrario, dans les scénarios intermédiaires et hauts, un été typique des années 2050 correspondra à l'été 2003" qui, à l'époque, avait été considéré comme exceptionnel quant à la durée de la vague de chaleur.

Les scientifiques ont produit deux modèles climatiques différents, ensuite soumis à plusieurs scénarios socio-économiques.

Le plus optimiste, basé sur une forte coopération internationale et la priorité donnée au développement durable, permettrait "tout juste" de rester sous l'objectif de 2°C de réchauffement et "au prix d'un dépassement temporaire de l'objectif de 2°C au cours du siècle". Mais, la planète en est très loin, car les engagements pris jusqu'à présent par les gouvernement entraîneront à un réchauffement de 3°C.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a d'ailleurs convoqué un sommet lundi à New York pour appeler les dirigeants mondiaux à rehausser leurs ambitions. "La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend fortement des politiques climatiques qui seront mises en oeuvre dès maintenant et tout au long du XXIe siècle", ont insisté le CNRS, Météo-France et le CEA lors de la présentation de leurs conclusions à la presse. "Nous avons des meilleurs modèles", a expliqué Olivier Boucher, directeur de recherche au CNRS, à l'AFP.

Les deux nouveaux modèles français, mais également d'autres modèles étrangers déjà disponibles, simulent un réchauffement plus important à l'horizon 2100 que les versions précédentes établies en 2012, en particulier pour les scénarios les plus pessimistes en émissions. "Cela pourrait s'expliquer par une réaction plus forte du climat à l'augmentation des gaz à effet de serre anthropique que dans les simulations de 2012, mais les raisons de cette sensibilité accrue et le degré de confiance à y apporter restent à évaluer", selon un communiqué.

Dès vendredi, les jeunes du monde entier ont rendez-vous dans les rues pour une nouvelle grève climatique qui s'annonce très suivie. Objectif: lutter contre la pollution en organisant des nettoyages citoyens massifs.

La mobilisation se poursuivra la semaine suivante avec une assemblée citoyenne, une conférence sur la transition alimentaire, une journée dédiée au nouveau rapport du Giec sur les océans, attendu mercredi, ou encore des actions dans les écoles.

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