France et Italie à l’unisson pour la répartition des migrants en Europe

20 Septembre, 2019, 08:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Migrants la France et l’Italie trouvent un accord

Contrairement à ses espoirs, les populistes de gauche du "Mouvement Cinq étoiles" ont formé une coalition avec le Parti Démocratique de centre-gauche (le "PD"), ce qui maintiendra Conté dans ses fonctions. Maintenant vient le temps du dégel entre Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, c'est du moins la Une de Il Messaggero, le grand quotidien de Rome.

Emmanuel Macron est reçu mercredi soir à Rome par le président italien Sergio Mattarella et le chef du gouvernement Giuseppe Conte.

"C'est une visite pour tourner la page d'un chapitre difficile et démontrer qu'il est possible de repartir du bon pied, sans séquelles des tensions passées", souligne Giampiero Gramaglia, spécialiste des questions européennes à l'Institut pour les Affaires internationales de Rome (IAI).

Dans cette guerre des mots, Emmanuel Macron avait de son côté lancé des piques contre le gouvernement italien en faisant de Matteo Salvini son "opposant principal" ou en fustigeant la "lèpre nationaliste".

"L'Union européenne n'a pas fait suffisamment preuve de solidarité avec les pays de première arrivée, notamment l'Italie, et la France est prête à évoluer sur ce point dans le cadre de la remise à plat des accords de Dublin", a dit. Les deux dirigeants n'ont toutefois pas évoqué face à la presse certaines des demandes de l'Italie, dont la répartition des migrants économiques - et non des seuls demandeurs d'asile - ainsi que la rotation des ports de débarquements, qui devrait intégrer des ports français.

La détente est sensible depuis l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, qui a de facto rouvert les ports italiens aux navires de sauvetage en laissant débarquer samedi 82 migrants de l'Ocean Viking à Lampedusa.

Entre l'Italie et la France existe "une amitié indestructible", a encore assuré le président français dont le déplacement à Rome a permis de programmer, pour 2020 en Italie, un sommet bilatéral, rendez-vous annuel initié en 1983 mais qui n'avait pas été mis à l'agenda l'an passé pour cause de tensions entre les deux pays. Mais la priorité reste de construire "une solution durable et stable" entre pays européens, notamment sur la répartition des migrants débarqués en Italie ou à Malte, selon l'Elysée.

Une annonce qui a fait réagir eu égard à la dernière déclaration du chef de l'Etat le 16 septembre sur ce sujet, appelant sa majorité et son gouvernement à la fermeté sur le détournement du droit d'asile pour éviter d'être "un parti bourgeois" qui ignore l'opinion de classes populaires séduites par "l'extrême droite". Un message qui trouvera un écho de l'autre côté des Alpes, pays qui s'est longtemps senti isolé pour affronter la crise migratoire.

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