Nabil Karoui lance son site officiel — Campagne électorale

19 Septembre, 2019, 15:12 | Auteur: Sue Barrett
  • Le candidat indépendant à la présidentielle Kais Saied pose devant le drapeau tunisien le 15 septembre 2019 à Tunis

Les résultats sont officiels et l'étonnant duel du second tour de la présidentielle tunisienne entre le juriste rigoriste Kais Saied et le magnat controversé des médias Nabil Karoui, actuellement en prison, est confirmé. La participation a été de 45,02% selon des chiffres encore provisoires de l'Isie, un faible taux en regard des 64% enregistrés lors du premier tour de la présidentielle de 2014. "Le dégoût de la classe politique semble se traduire par un vote pour des outsiders", a-t-il ajouté.

Il devance l'homme d'affaires en prison Nabil Karoui (14,9 % des voix selon ce décompte partiel), au coude-à-coude avec Abdelfattah Mourou, candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha (13,1 % des voix).

Autre ambiance du côté du QG de Kais Saied, 61 ans, surnommé " Robocop " en raison de sa diction rigide et de son visage impassible.

Kais Saied, lui, est un universitaire farouchement indépendant, qui prône une décentralisation radicale du pouvoir, avec une démocratie locale et des élus révocables en cours de mandat. Il a fait le plein de voix chez les jeunes diplômés au chômage, selon les analystes.

Si les estimations des sondages se confirment, les deux candidats antisystème devront se surpasser pour convaincre de nouveau les électeurs.

Détenu depuis le 23 août dernier, le candidat Nabil Karoui est soupçonné d'être impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale suite à une plainte qui remonte à 2016. Fondateur de la chaîne privée Nessma, taxé de " populiste " par ses détracteurs, il a bâti sa popularité en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays, abondamment relayées par Nessma.

Dans l'unique pays rescapé des Printemps arabes, la mission d'observation de l'Union européenne a de son côté assuré que le premier tour de la présidentielle avait été "transparent". Elle a toutefois appelé à ce que les candidats aient " pleinement les mêmes chances " de faire campagne, dans une apparente allusion à Nabil Karoui.

M. Karoui reste éligible tant qu'aucune condamnation ne le prive de ses droits civiques, a souligné à plusieurs reprises l'Isie. Tous deux ont revendiqué une victoire mais c'est l'ISIE qui délivrera, mardi 17 septembre, les résultats définitifs. Ils ont démontré que les élections ne se faisaient "pas sur Facebook, en tous cas pas uniquement".

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