"Nous avons du temps", promet Edouard Philippe sur TF1 — Reforme des retraites

13 Septembre, 2019, 06:39 | Auteur: Sue Barrett
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"Confiance ", "concertations ", "justice " et "temps ": Édouard Philippe a tenté jeudi 12 septembre 2019 de déminer le terrain de la future réforme des retraites, tout en affirmant la détermination de l'exécutif à boucler ce dossier hautement inflammable d'ici l'été prochain.

A la veille d'une journée de blocage dans les transports parisiens, et désireux de "lever les inquiétudes, les malentendus", le Premier ministre a avancé avec d'infinies précautions sur le sujet des retraites, en égrenant devant le Conseil économique, social et environnemental les gages apportés par l'exécutif.

La réforme des retraites fera l'objet de "consultations citoyennes" de fin septembre "jusqu'à la fin de l'année", devant aboutir à un projet de loi voté "d'ici la fin de la session parlementaire de l'été prochain", a annoncé jeudi le Premier ministre, Edouard Philippe. "Nous voulons consulter les Français directement", a insisté Philippe, oubliant au passage de rappeler que l'exécutif l'a déjà fait l'an dernier, sur la même période, avec son haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye. Le tout sur fond de nouveaux débats citoyens, via une plateforme web et des rendez-vous animés par le gouvernement jusqu'"à la fin de l'année".

En parallèle, des concertations avec les partenaires sociaux "vont commencer dès la semaine prochaine" et "dureront jusqu'au début du mois de décembre". "Un système qui conduira donc à la disparition des régimes spéciaux et de multiples dérogations qui, à quelques exceptions près, n'ont plus lieu d'être", juge le Premier ministre. Ces discussions porteront sur quatre thèmes, dont les "conditions d'ouverture des droits", en particulier "l'importante question de l'âge (de départ) et de la durée (de cotisation), et le pilotage financier du système" pour le ramener à l'équilibre d'ici 2025, date d'entrée en vigueur du nouveau système. Sur le thème clé de l'âge de départ à la retraite ou de durée de cotisation, le Premier ministre a annoncé qu'il allait "confier une mission à Sophie Bellon, présidente du conseil d'administration de Sodexo qui aura à ses côtés Jean-Manuel Soussan, directeur des ressources humaines du groupe Bouygues Construction, et à Olivier Mériaux ancien directeur général adjoint de l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact)". Sur les détails les plus sensibles de la réforme, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant.

Mais aussi aux avocats, qui s'attendent à une mobilisation " extrêmement forte " lundi lors d'une manifestation parisienne à laquelle se joindront des médecins, infirmières, kinés, pilotes de ligne, hôtesses et stewards. Puis a ajouté que compte-tenu de la démographie, les Français travailleraient, en toute logique, plus longtemps.

Pour autant, le Premier ministre "dispose d'un assez bon niveau de popularité" selon le sondage (43%), il progresse même dans l'opinion car il était à 37% avant l'été, ce que le sondage appelle le "moment Edouard Philippe".

Idem pour les " inquiétudes (...) légitimes " entourant la définition de la valeur du point, qui conditionnera le montant des pensions et dont la gouvernance pourrait être partagée avec les partenaires sociaux. Le Premier ministre a aussi répété que les dimensions de pénibilité et de danger seraient intégrées, qu'une mission était engagée sur le maintien des seniors dans l'emploi. Il a également annoncé des rencontres "verticales" avec les représentants des professions qui redoutent de perdre leurs avantages dans la refonte des 42 régimes actuels en un seul.

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