Les députés britanniques rejettent l'organisation de législatives anticipées — Brexit

10 Septembre, 2019, 13:19 | Auteur: Lynn Cook
  • Le premier ministre britannique Boris Johnson le 13 septembre 2019 à Rotherham en Angleterre

"Nous travaillons sans relâche pour obtenir un accord", a-t-il affirmé dimanche sur la BBC, expliquant que de nouvelles réunions se tiendront cette semaine à Bruxelles.

L'artiste militant Kaya Mar pose avec un tableau représentant Boris Johnson s'accrochant à la reine Élisabeth II qui défie John Bercow en duel devant le palais de Westminster.

Selon un porte-parole du leader travailliste Jeremy Corbyn, les chefs de file de l'opposition réunis lundi matin "se sont mis d'accord pour travailler ensemble pour que le gouvernement se justifie devant le Parlement". Boris Johnson assure pourtant toujours vouloir quitter l'UE avec un accord, mais Bruxelles et Londres ne parviennent pas à s'entendre sur la manière de maintenir ouverte la frontière en Irlande après le Brexit.

Pour Boris Johnson, ce scrutin est vital puisqu'il a perdu sa majorité au Parlement la semaine dernière. Le Labour veut d'abord s'assurer que le Premier ministre demande un nouveau report du Brexit à l'UE.

Cette suspension avait suscité une vague d'indignation au Royaume-Uni, lorsqu'elle avait été annoncée fin août par Boris Johnson. Lundi en début de soirée encore, la Chambre des communes a adopté un texte pour contraindre le gouvernement à publier des documents confidentiels sur l'impact d'un Brexit sans accord, que l'exécutif est soupçonné d'avoir minimisé.

Alors que Bercow tentait de suspendre le Parlement lundi soir, bien après minuit, une brève échauffourée a éclaté près de son fauteuil alors que les législateurs de l'opposition tenaient des pancartes et se huisaient.

A Dublin, les deux dirigeants ont reconnu qu'ils n'ont pas fait de progrès significatifs lundi notamment parce que les négociations ne se déroulent pas entre Londres et Dublin mais plutôt du côté de la Commission européenne à Bruxelles.

Répondant aux inquiétudes que le gouvernement pourrait ignorer, le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré au Parlement que le gouvernement respecterait la loi, mais a ajouté: "Parfois, cela peut être plus complexe en raison de lois contradictoires ou de conseils juridiques contradictoires".

Son homologue irlandais Leo Varadkar a lui relevé que Londres n'avait à ce jour présenté aucune alternative "réaliste", à moins de deux mois de l'entrée en vigueur du Brexit le 31 octobre.

Cette disposition vise à empêcher le retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord, une province britannique, et la République d'Irlande, un Etat membre de l'Union européenne.

Un nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars et repoussé deux fois, devra toutefois être approuvé à l'unanimité des 27 autres Etats membres de l'UE.

Les députés doivent se réunir lundi soir pour voter sur l'appel de M. Johnson à convoquer des élections législatives anticipées.

Les députés britanniques ont infligé dans la nuit du 9 au 10 septembre un nouveau camouflet à Boris Johnson, lors de la dernière séance avant une suspension du Parlement pendant cinq semaines.

Amber Rudd quitte à la fois le gouvernement, dont elle était un poids lourd, et le Parti conservateur, critiquant très vertement la stratégie du chef du gouvernement.

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