Le DG de Nissan, Hiroto Saikawa, va démissionner

10 Septembre, 2019, 12:28 | Auteur: Aubrey Nash
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Le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, éclaboussé par une affaire de rétribution indue, a l'intention de quitter prochainement ses fonctions, selon plusieurs médias japonais, alors qu'un conseil d'administration du groupe doit se tenir lundi après-midi.

Hiroto Saikawa avait publiquement reconnu la semaine dernière avoir bénéficié par le passé d'une prime excédant ce à quoi il avait droit via un dispositif incitatif appelé "share appreciation rights" (SAR). Le comité d'audit de Nissan a révélé les conclusions d'une enquête interne le 4 septembre, évoquant 47 millions de yens (près de 400 000 euros) touchés en excès en 2013.

" Sur cette somme, 25 milliards ont été déboursés par Nissan et 10 milliards ont été provisionnés mais non payés", a détaillé Motoo Nagai, le responsable du comité d'audit au sein du conseil d'administration. "Saikawa a récemment indiqué qu'il penchait pour une démission et, conformément à sa volonté de passer le relais à une nouvelle génération de dirigeants chez Nissan, il démissionnera le 16 septembre", a déclaré à la presse le président de Nissan, Yasushi Kimura, lundi 9 septembre.

Le journal Les Échos rapporte toutefois que les relations entre Renault et Nissan "ont semblé se réchauffer au cours d'un été plutôt studieux", marqué par des discussions au cours desquelles "même les dossiers les plus sensibles ont été mis sur la table".

M. Ghosn, qui est en liberté sous caution et attend son procès, dit qu'il est innocent.

Depuis des mois déjà, ce dirigeant à l'air impassible, aux cheveux ras et aux fines lunettes, était sur la sellette.

Les jours de Hiroto Saikawa à la tête de Nissan semblaient comptés depuis plusieurs mois: certains actionnaires réclamaient en effet son départ, le jugeant trop associé à l'ère Ghosn.

Renault et Nissan s'efforcent aussi de rebâtir leur alliance, mise à mal depuis l'éviction de Carlos Ghosn, qui était la clé de voûte de l'édifice.

M. Saikawa n'a pas été accusé.

M. Saikawa a aussi siégé au conseil d'administration de Renault entre 2006 et 2016. Pour faire face aux mauvais résultats financiers, Nissan se dit même prêt à fermer des lignes d'assemblage et des usines. M. Saikawa était déjà en sursis avant même que cette affaire n'éclate.

Se présentant alors régulièrement devant les médias en parangon de vertu, Hiroto Saikawa n'a eu de cesse de brocarder celui qui l'avait pourtant hissé au sommet.

Mais pour l'avocat Nobuo Gohara, qui analyse depuis le départ l'affaire Ghosn et juge " difficile de faire confiance à M. Saikawa", il serait inique qu'il s'en tire par un simple remboursement des sommes perçues et quelques excuses, quand M. Ghosn risque des années de prison, un avis partagé par les défenseurs du patriarche déchu.

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