Vers un rééquilibrage entre télévision et plateformes de SVOD — Réforme de l'audiovisuel

06 Septembre, 2019, 00:07 | Auteur: Sue Barrett
  • Franck Riester

Selon les analystes de Kepler Cheuvreux, "lever l'interdiction sur la publicité pour le cinéma pourrait ajouter autour de 1% à la croissance de la publicité française à la télévision en 2020/2021" sur un marché de plus de 3 milliards d'euros.

Ce texte global sera transmis au CSA et à l'HADOPI mi-septembre, puis fin septembre au Conseil d'État pour une présentation début novembre conseil des ministres. Ensuite, les discussions à l'Assemblée nationale devraient débuter début 2020.

"Derrière ce projet global, Riester veut " réaffirmer notre souveraineté culturelle, notre modèle français de création et notre attachement à la liberté et à la vivacité de nos créations " afin de " de pouvoir rivaliser avec les champions européens, anglo-saxons et même chinois ". Une mesure qui prendra effet à compter du 1er janvier 2020. Les distributeurs ne pourront pas mentionner l'adresse de leurs magasins ni communiquer sur leurs offres promotionnelles, et les volumes horaires des pubs seront limités, afin de préserver les recettes des médias locaux, journaux et radios notamment. Le CSA s'en assurera.

Une demande formulée par TF1, M6 et d'autres chaînes privées, qui voient là une source de revenus publicitaires non négligeable. Elle sera limitée par des quotas, histoire que les superproductions américaines ne soient pas les seules visibles.

Le projet de loi autorisera donc la publicité dite "segmentée" sur les chaînes, comme la diffusion de pubs géolocalisées, mais de manière encadrée. Pas sûr que cela plaise aux spectateurs. C'est-à-dire Netflix et Amazon déjà, et bientôt Disney, WarnerMedia ou Apple.

La future réforme n'oublie pas la création audiovisuelles avec le financement des chaînes de télévision et des plateformes de streaming. Comme le rapporte Le Parisien, elles seront désormais dans l'obligation de financer la production française, de cinéma ou de série, à hauteur d'au moins 16 % de leur chiffre d'affaires en France. En échange de leur accord, le gouvernement reverrait la chronologie des médias afin de leur permettre de proposer plus vite les films récents à leurs abonnés.

"L'idée, c'est de créer une autorité nouvelle sur la base de cette fusion qui soit régulateur à la fois des communications audiovisuelles et des communications numériques", a poursuivi le ministre. La nouvelle organisation se chargera donc de la régulation des communications ainsi que de leur contenu. Elle devra notamment lutter contre les intox, propos haineux et le piratage.

En outre, ce super-CSA aura des moyens d'enquête élargis et pourra désigner des agents assermentés pour obtenir des informations de la part des plate-formes ou des chaînes, qu'elle n'arrive pas toujours à obtenir actuellement.

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