Une vague nationale de colère et d'indignation — Féminicide de Cagnes

05 Septembre, 2019, 19:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Alpes-Maritimes: le cadavre d'une femme retrouvé sous un tas d'ordures

Les images montraient un homme et une femme correspondant à la description des témoins se disputant devant une résidence, puis la jeune femme partant en courant, " poursuivie " par le suspect qui un peu plus tard revenait seul et pénétrait dans la résidence. Les lieux ont depuis été nettoyés. Il avait appelé la police dans la nuit de vendredi à samedi pour lui signaler qu'une femme était en train d'être violemment agressée.

Kamil, qui habite dans ce quartier de petites maisons proprettes et de résidences bien tenues, assure avoir tout vu du meurtre, depuis chez lui: " Avant de me coucher j'ai entendu des cris de mort, elle criait à la mort, la dame.

" Elle disait +Au secours, au secours+, et au moment où j'allais intervenir ma mère m'a dit de pas y aller. Du coup j'ai pris mes distances, ma mère a tout de suite appelé la police." a raconté le jeune homme. "Les policiers avaient-ils les éléments suffisants pour rechercher un corps, est-ce que la jeune fille était encore vivante à ce moment-là, est-ce qu'on aurait pu la sauver? J'ai essayé de le provoquer en l'insultant pour qu'il la lâche mais sans succès", poursuit le jeune homme. Il s'agit de la 100e victime de féminicide depuis le début de l'année, un fait divers sordide, révoltant, qui a soulevé une vague d'indignation nationale.

Une version qui contredit celle du parquet de Grasse, selon lequel la patrouille n'a " trouvé aucun élément relatif " à la violente dispute une fois sur place.

" Nous avons décidé hier de saisir de l'IGPN [inspection générale de la police nationale], également en judiciaire, sur la vérification de l'existence du délit de non-assistance à personne en péril".

Ce sont finalement des images de vidéosurveillance qui ont permis de retrouver le suspect de 26 ans.

"Il a contesté être l'auteur des violences et a prétendu avoir quitté les lieux après la dispute", indiquait lundi soir le parquet dans un communiqué, sans préciser mardi si sa position avait changé dans les heures suivantes de sa garde à vue.

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