Emmanuel Macron propose l'ancienne ministre Sylvie Goulard à la Commission européenne

29 Août, 2019, 11:14 | Auteur: Sue Barrett
  • Sylvie Goulard en 2017 à Suresnes

Selon Le Monde, cette ancienne députée européenne et ex-ministre des Armées a été désignée comme candidate à la présidence de la commission européenne par Emmanuel Macron.

Alors que Sylvie Goulard est en marche pour peut-être remporter le poste de commissaire européenne, des cailloux viennent se glisser dans sa chaussure. Paris a affiché sa préférence pour un portefeuille centré sur l'économie, le commerce ou l'environnement.

Adepte de la lenteur en politique, Emmanuel Macron aura dépassé le délai donné par la prochaine présidente de la Commission européenne pour transmettre le nom du commissaire européen qu'il propose au nom de la France: Sylvie Goulard.

Née le 6 décembre 1964 à Marseille dans une famille d'origine italienne qui parlait français à la maison, Sylvie Goulard, brune aux cheveux courts, passe pour connaître parfaitement les arcanes européennes.

Emmanuel Macron ne pouvait pas, a priori, choisir personnalité plus idoine pour occuper le poste de commissaire européen que Sylvie Goulard, l'actuelle sous-gouverneure de la Banque de France: militante fédéraliste convaincue, elle a fait l'essentiel de sa carrière sur les questions européennes à Paris et à Bruxelles.

Elle a ensuite été nommée ministre des Armées dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe, en mai 2017. Elle est contrainte à la démission du gouvernement dans le cadre de l'affaire d'emplois fictifs présumés des assistants des eurodéputés MoDem -un parti qu'elle a quitté-, en même temps que François Bayrou et Marielle de Sarnez.

"Je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi", avait-elle alors expliqué.

Si l'affaire des assistants parlementaires, pour laquelle elle n'est pas mise en examen, demeure une ombre au tableau de Sylvie Goulard, Paris espère disposer, avec elle, d'une femme capable de peser sur les grandes négociations européennes. Dans cette dernière, elle n'a jusqu'à présent pas été convoquée.

La presse française s'était émue en 2017 d'apprendre qu'elle avait touché, alors qu'elle était eurodéputée, un salaire mensuel de plus de 10.000 euros comme conseillère spéciale pour un think tank californien, l'Institut Berggruen. La nomination officielle est prévue le 22 octobre après les auditions des 27 membres devant le parlement européen. "Elle affiche des positions tranchées et individuelles, qui font parfois grincer des dents", assurait une source au Parlement en 2017.

Cette ancienne enseignante au Collège d'Europe à Bruges (Belgique), matrice ultrasélective de la haute fonction publique européenne, est par ailleurs une proche de l'ancien Premier ministre italien Mario Monti, avec qui elle a cosigné un ouvrage plaidant notamment pour la renaissance d'une Europe politique.

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