Pas le temps de négocier un nouvel accord sur le Brexit

24 Août, 2019, 16:09 | Auteur: Lynn Cook
  • REUTERS Jeremy Corbyn

Boris Johnson et Emmanuel Macron ont affiché jeudi un ton plus conciliant sur le Brexit en affirmant leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'Union européenne, et jugeant possible de s'entendre sur la frontière irlandaise.

M. Johnson doit encore se rendre à Paris jeudi pour s'entretenir avec M. Macron. "Dans le cadre de ce qui a été négocié, un travail doit pouvoir se faire", a-t-il déclaré en recevant le Premier ministre britannique Boris Johnson à l'Elysée, à deux jours du sommet du G7.

Emmanuel Macron s'est également montré opposé mercredi devant la presse à toute renégociation de l'accord de séparation: "Il y a une option proposée par les Britanniques et que nous ne saurions accepter qui est de renégocier l'accord de séparation (...) Cette renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe", a-t-il affirmé.

'L'avenir du Royaume-Uni ne peut se trouver qu'en Europe', a encore ajouté le président français.

" Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord " en vue d'un Brexit le 31 octobre, a déclaré M. Johnson à son arrivée au palais présidentiel de l'Elysée.

Plus tôt, la présidence française avait exprimé ses réserves quant aux chances d'éviter un " Brexit dur", largement redouté par le monde des affaires des deux côtés de la Manche, estimant qu' "aujourd'hui, le scénario central du Brexit est celui du no-deal ".

"Je veux un accord", a martelé Boris Johnson.

Les discussions sur une sortie négociée du Royaume-Uni du bloc européen butent actuellement sur le mécanisme dit de " filet de sécurité " prévu dans l'accord conclu entre Londres et l'UE en novembre 2008, mais rejeté ensuite à plusieurs reprises par le Parlement britannique.

"Un pari" aussitôt accepté mercredi par le Premier ministre britannique, rapporte The Independent, qui a assuré qu'il existait "de nombreuses solutions" au problème de la frontière irlandaise qui n'ont pas suffisamment été discutées selon lui par le gouvernement britannique précédent.

Le " filet de sécurité ", ou " backstop ", aurait pour conséquence de maintenir l'ensemble du Royaume-Uni dans l'Union douanière avec les pays de l'UE jusqu'à ce que les deux partenaires trouvent une solution pour définir leur future relation post-Brexit, et ce dans un délai de deux ans environ.

Boris Johnson a clairement fait savoir par courrier en début de semaine qu'il s'opposait à ce mécanisme et a appelé les pays de l'UE à rouvrir la négociation.

Mais il dans le même temps été très clair: le "backstop" est un "élément-clé" qui apporte des "garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande à l'intégrité du marché unique", deux lignes jaunes infranchissables pour lui.

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