Quand la grande distribution se sucre sur le dos du bio

22 Août, 2019, 15:38 | Auteur: Aubrey Nash
  • La grande distribution profiterait de l'engouement vers les fruits et légumes bio pour augmenter ses marges sur ces produits

La palme revient au poireau 2,5 fois plus cher lorsqu'il est bio (+165%). Une étude visiblement à charge et avec une méthodologie assez floue...

Dans son dernier numéro, le mensuel Que Choisir révèle ainsi que les marges brutes de la grande distribution sur le bio sont en moyenne 75 % plus élevées que celles réalisées sur les productions dites " conventionnelles " (dans lesquelles les traitements sont réalisées grâce à des produits chimiques). Plus encore que sur le conventionnel. L'association de défense des consommateurs reproche alors aux grandes surfaces d'appliquer "un taux de marge proche de celui appliqué aux produits conventionnels qui se traduit immanquablement par une marge en euros bien supérieure sur le bio".

Si les marges sur l'oignon, l'ail ou la carotte sont plus ou moins les mêmes entre le bio et le conventionnel, il n'en est pas de même pour les trois fruits et légumes les plus consommés: la pomme de terre, la tomate et la pomme. La grande distribution, quand elle vend un kilo de pommes traditionnelles, va prendre près de 90 centimes de marge. "Mais quand elle vend une pomme bio, elle en prend près de 2,20 euros", soit plus du double. Ainsi, le coût plus élevé d'un produit entraînera proportionnellement une marge supérieure. En l'espace de trois ans, les ventes de produits bios ont augmenté de 36 %.

Pour l'UFC-Que Choisir, les marges de la grande distribution sont très importantes pour deux raisons. Et le constat, publié jeudi 22 août, est sans appel: le bio est une poule aux œufs d'or pour la grande distribution. Pour Alain Bazot, si les distributeurs "ont les mêmes méthodes sur les producteurs bio que sur les agriculteurs conventionnels, c'est-à-dire qu'elles pressent le citron et qu'elles demandent des prix toujours plus bas". "C'est une pratique anti-consommation durable", qui fait même le jeu des magasins spécialisés, moins chers de 19% selon l'étude réalisée par l'UFC-Que Choisir. "Il y a comme un consentement à payer plus", dénonce le président de l'UFC-Que-Choisir.

Rien n'a changé. Il y a deux ans, une étude alertait sur les sur-marges de la grande distribution concernant les produits bio.

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