Johnson réaffirme vouloir un accord mais sans le "backstop" — Brexit

21 Août, 2019, 10:47 | Auteur: Aubrey Nash
  • FRANCE-PRESSE Jeremy Corbyn

La Commission européenne a estimé, mardi, que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ne proposait pas d'alternative concrète au "backstop", la disposition controversée sur l'Irlande dans l'accord de Brexit.

Le nouveau Premier ministre a pour la première fois adressé publiquement une lettre lundi à l'UE dans laquelle il détaille ses arguments contre le dispositif du "backstop", ce filet de sécurité inscrit dans l'accord de retrait, rejeté trois fois par le parlement britannique, et qu'il n'a cessé de dénoncer.

Il a été imaginé à la fois pour préserver les accords de paix de 1998, qui ont mis fin à trois décennies de violence, et l'intégrité du marché unique européen.

Mais la réponse du président du Conseil européen Donald Tusk, destinataire du courrier, a été cinglante. "Ceux qui s'opposent au backstop sans proposer de solutions de rechange réalistes soutiennent en réalité le rétablissement d'une frontière".

Le premier ministre britannique Boris Johnson plaide pour un Brexit sans faute le 31 octobre.

Boris Johnson devrait rencontrer cette semaine le chef d'Etat français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, à Paris et à Berlin pour parler du Brexit, selon des sources diplomatiques.

La Commission européenne a aussi rejeté la proposition du Premier ministre, qui évoque sans plus de détails dans sa lettre des " arrangements alternatifs", en lieu et place du " backstop ".

La lettre ne fournit pas de solution opérationnelle légale pour empêcher le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande, a déclaré Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne, lors d'un point de presse. En outre, le maintien du pays dans l'Union douanière l'empêcherait de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE, relève-t-il. Ce "backstop", Boris Johnson n'en veut pas.

Johnson précise que la Grande-Bretagne est prête à envisager "de manière constructive et flexible" la nature de ces engagements afin d'établir la confiance dans l'hypothèse où les dispositions ne seraient pas totalement mises en oeuvre à la fin de la période de transition. "Le gouvernement (britannique) ne mettra pas en place des infrastructures de vérification, ou des contrôles à la frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande", écrit Johnson.

Dans sa lettre, publiée lundi soir par ses services, il assure toutefois que son "gouvernement travaillera avec énergie et détermination à trouver un accord, c'est notre plus haute priorité".

La possibilité d'un Brexit sans accord ravive en tout cas les tensions en Irlande.

Les brexiters font valoir que cela va entraver pendant des années la capacité du Royaume-Uni à conclure des accords commerciaux et que cela empiète sur sa souveraineté.

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