Probable clap de fin pour le gouvernement populiste — Italie

20 Août, 2019, 17:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Probable clap de fin pour le gouvernement populiste — Italie

L'inconnue réside aujourd'hui dans l'attitude du Premier ministre Giuseppe Conte, devenu l'homme clef de la crise.

Ses messages martelés également sur les réseaux sociaux sur des thèmes porteurs - arrêt des arrivées de migrants, dénonciation d'une justice jugée trop laxiste envers les délinquants, priorité économique aux Italiens - lui ont permis de s'envoler dans les sondages et de phagocyter toute l'attention.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, ouvrira les débats dans l'après-midi par un discours devant le Sénat, avant d'aller probablement présenter sa démission au président de l'Italie Sergio Mattarella.

Giuseppe Conte propose sa démission au président. Après le récent torpillage de la coalition au pouvoir par Matteo Salvini, chef de La Ligue (extrême droite) et ministre de l'Intérieur, tous les scénarios sont possibles.

Matteo Salvini, qui prendra aussi la parole devant le Sénat, pourrait tenter de nouveau de renverser le gouvernement à travers une motion de censure. Comme tout va dépendre des négociations ardues toujours en cours entre différentes formations politiques italiennes, rien n'est toutefois gravé dans le marbre.

Salvini souhaite ardemment capitaliser sur le succès de la Ligue lors des élections européennes de mai, lorsque le parti de droite a doublé ses voix, dépassant les 34% depuis les élections générales de 2018, tandis que les Cinq étoiles les ont presque divisées par deux, à 17%, renversant ainsi totalement l'équilibre des pouvoirs.la coalition.

Un "gouvernement de transition", Conte bis, pourrait faire adopter dès cette semaine une réduction drastique du nombre de parlementaires, ramené à environ 600 sièges contre près de 950 actuellement, et avancer dans l'élaboration du budget 2020. Giuseppe Conte ne serait alors plus forcément démissionnaire et le gouvernement subirait seulement un remaniement sans tomber.

Contre toute attente, la partition se joue désormais entre le M5S et le Parti démocrate (PD, centre gauche), à la recherche d'une alliance pour faire barrage au chef de La Ligue.

La balle passera alors dans le camp du président Sergio Mattarella qui mènera des consultations pendant plusieurs jours pour explorer la possibilité d'une nouvelle majorité gouvernementale et choisir une personnalité pour la mener.

Il a baptisé cet exécutif similaire aux grandes coalitions à l'allemande " Ursula ", en référence à la nouvelle présidente allemande de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. S'il juge qu'aucune majorité solide n'existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives. Ils envisagent en outre de s'associer pour former une nouvelle coalition.

Deux échéances importantes approchent: l'Italie doit donner un nom lundi pour le poste de commissaire européen qui lui revient, et son chef du gouvernement participera le week-end prochain au sommet du G7 à Biarritz.

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