Les manifestants démarrent une journée de grève générale à Hong Kong

10 Août, 2019, 21:26 | Auteur: Aubrey Nash
  • Des manifestants prodémocratie ont mené des actions coup de poing dans le métro afin de paralyser le trafic ce lundi 5 août.                  REUTERS  Kim Kyung-Hoon

Toujours selon la police, ce sont plus de mille grenades lacrymogènes et 160 balles de caoutchouc qui ont été tirées depuis le début de la contestation. Depuis le début de la contestation, les hongkongais n'ont pas manqué d'ingéniosité, utilisant des parapluies pour éviter les gaz lacrymogènes, des lasers pour aveugler les caméras, disposant des panneaux routiers comme remparts dans les rues pour s'abriter, ou procédant au ravitaillement en formant des chaînes humaines.

Chose rarissime dans le temple de la finance internationale qu'est Hong Kong -où les syndicats n'ont que peu d'influence- la grève générale a pour but de démontrer aux autorités chinoises que, deux mois après le début du mouvement, la contestation conserve un très large soutien au sein de la population. Les protestataires sont descendus dans plusieurs stations de métro à l'heure de pointe pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de circuler.

"La grève politique semble très soutenue aujourd'hui, ce qui est aussi la conséquence de l'escalade dans les violences entre la police et les manifestants", a déclaré à l'AFP le politologue Dixon Wong. Le régime chinois se refuse pour l'instant à intervenir, laissant les autorités hongkongaises gérer la crise.

Depuis, les demandes des manifestants se sont multipliées et diversifiées au fil des semaines pour englober des exigences pro-démocratie et une plus grande autonomie vis-à-vis de Pékin, qu'ils accusent d'avoir fait emprisonner plusieurs libraires dissidents.

Des manifestants devant un commissariat, en solidarités avec les personnes inculpées.

" Ces manifestations, qui peuvent se déclarer sans avertissement, risquent de se poursuivre", lit-on encore dans le document. Parmi eux figurent notamment un étudiant, une infirmière, un coiffeur, un pilote d'avion, un électricien ou encore un ouvrier du bâtiment, rapporte le tribunal.

Des milliers de policiers chinois ont participé à un exercice anti-émeutes aux portes de Hong Kong, une opération perçue comme un nouvel avertissement de Pékin aux manifestants pro-démocratie qui défient depuis deux mois le régime communiste dans l'ex-colonie britannique.

Ce projet a été retiré, mais les manifestations se poursuivent et prennent un tour de plus en plus violent, les contestataires réclamant l'enterrement définitif du projet de loi et la tête de la dirigeante de l'exécutif local, Carrie Lam.

La semaine dernière, l'armée a diffusé une vidéo montrant ses soldats occupés à réprimer une émeute dans la métropole revenue à la Chine en 1997. Depuis, les revendications se sont élargies.

"Pour les gens, il faut dépasser une barrière psychologique avant de pouvoir faire grève", expliquait dimanche lors d'une manifestation Monica Wong, 40 ans.

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