Syrie: la Turquie annonce une opération antikurde à l'est de l'Euphrate

08 Août, 2019, 17:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Recep Tayyip Erdogan menace depuis des mois de lancer à l'est de l'Euphrate une offensive contre la milice kurde YPG

"Nous avons dit cela à la Russie et à l'Amérique".

Les forces kurdes contrôlent une partie du nord de la Syrie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé ce mardi de lancer "très bientôt" une nouvelle opération contre une milice kurde syrienne soutenue par les Etats-Unis. Ses menaces n'avaient cependant jamais été exécutées après la proposition des Etats-Unis, début 2019 de former une "zone de sécurité" afin d'éviter toute intervention turque. Mais alors que les négociations achoppent sur des paramètres clés d'une telle zone, notamment sur sa largeur, Ankara multiplie les signes d'impatience.

Alliés au sein de l'Otan, la Turquie et les Etats-Unis n'en ont pas moins des relations diplomatiques compliquées, à plus forte raison depuis que Washington a décidé d'écarter Ankara du programme de développement du chasseur F-35 dans la foulée de l'acquisition par l'armée turque de systèmes de défense antimissile russes S-400. Poursuivant cet objectif, Ankara a franchi un nouveau pas, en menaçant d'intervenir cette fois à l'est de l'Euphrate. Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a déclaré vendredi qu'il n'y avait toujours pas d'accord sur la "zone de sécurité", Ankara espérant que les Etats-Unis présentent de nouvelles propositions.

Les deux parties se sont entendues pour "prendre sans délai les premières mesures destinées à lever les inquiétudes de la Turquie", et "dans ce cadre de créer rapidement en Turquie un centre d'opérations conjointes pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité avec les Etats-Unis".

Mais les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux, comme la France, ont appuyée et armée contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

En Syrie, la Turquie pousse encore et toujours son agenda qui consiste à empêcher la constitution d'un Kurdistan syrien - même embryonnaire - à sa frontière.

La Turquie a annoncé, mardi, le lancement imminent d'une offensive dans le nord de la Syrie, pour en déloger une milice kurde qu'elle considère comme terroriste.

Des délégations turques et américaines doivent se rencontrer cette semaine à Ankara pour tenter de réduire les profondes divergences entre les deux pays sur l'objectif et le commandement d'une " zone tampon " dans le nord-est de la Syrie. "Nous attendons des Etats-Unis qu'ils répondent positivement à notre appel de cesser leur coopération " avec les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe de combattants kurdes, a déclaré le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, lors d'une conférence à Ankara.

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