En Algérie, le président Bensalah nomme six personnalités pour un "dialogue national"

28 Juillet, 2019, 01:28 | Auteur: Lynn Cook
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La liste ne contient aucune figure importante de la contestation.

Le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a reçu, aujourd'hui jeudi, les membres du Panel désigné pour conduire ce qui est appelé le " Dialogue national ".

Ce Panel de personnalités, composé de Mme Fatiha Benabbou, M. Lalmas Smaïl, M. Lazhari Bouzid, M. Abdelwahab Bendjelloul et M. Benaïssa Azzedine, a fait savoir qu'il était " conscient de l'ampleur du blocage politique que vit le pays actuellement" , mettant en avant toutes les précédentes initiatives pour un dialogue. "Il avait exclu que le dialogue aborde " les exigences irréalistes " de la contestation, " de nature [.] à entraîner [leur] pays dans une situation de vide constitutionnel ".

Rejetant la revendication de la contestation qui réclame avant tout scrutin le départ du pouvoir de tous les anciens hauts responsables de la présidence Bouteflika, le chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah - fidèle de la première heure du président déchu - a proposé début juillet un "dialogue" devant fixer les modalités de l'organisation rapide d'une présidentielle.

Comme chaque vendredi depuis plusieurs mois, des manifestations sont prévues pour le lendemain de la création de ce panel, vendredi 26 juillet.

Ce dialogue est "le seul moyen à même de garantir une issue pacifique à la hauteur des aspirations des Algériens et Algériennes" et son but est d'organiser une "présidentielle libre et transparente dans les plus brefs délais", a expliqué au nom du Panel Karim Younès, lisant une déclaration à la télévision.

Les partis et associations proches de la contestation - qui n'est incarnée par aucun dirigeant clair - apparaissent désunis face à cette nouvelle offre de dialogue du pouvoir. Dans une interview accordée au site TSA, celui-ci a affirmé que la réussite du dialogue passait par le "respect des revendications populaires" et la mise en place de "mesures d'apaisement", parmi lesquelles "la libération des détenus politiques", "la levée des pressions sur les médias" ou encore la facilitation d'accès vers la capitale pour les manifestants. "Nous insistons sur le fait que nous ne sommes pas des représentants du Hirak [le mouvement de contestation] ni ses porte-paroles", a-t-il néanmoins souligné.

Après une rencontre, le 25 juillet, avec la commission fraîchement nommée pour établir un dialogue national, le président par intérim Bensalah "a fait part de sa disponibilité à prendre des mesures d'apaisement, dont la libération des personnes arrêtées par les services de sécurité lors des marches populaires", relate El-Watan qui précise: "Il est à rappeler que des dizaines de manifestants ont été placés sous mandat de dépôt pour port du drapeau amazigh", ou drapeau berbère.

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