Les Hongkongais ne lâchent rien

23 Juillet, 2019, 00:59 | Auteur: Lynn Cook
  • Des drapeaux taïwanais durant une manifestation à Hong Kong le 16 juin 2019. 

Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le bureau de liaison de la Chine dimanche, jetant des œufs et des graffitis au pistolet sur ses murs.

D'après les services hospitaliers, 45 personnes ont été blessées, un homme est dans un état critique et cinq autres personnes sont dans un état grave.

La vague de contestation qui déferle sans discontinuer depuis le 9 juin sur ce haut lieu de la finance internationale a pris un tour sinistre dimanche: des gangs d'hommes armés de bâtons, de tringles métalliques voire de battes de baseball, vêtus pour la plupart de t-shirts blancs, ont fondu sur des manifestants anti-gouvernementaux qui rentraient chez eux après une nouvelle manifestation monstre.

De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la police de l'ex-colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois.

Le week-end dernier, deux manifestations qui avaient commencé dans le calme ont dégénéré en échauffourées entre policiers et activistes, ce qui avait fait des dizaines de blessés.

Néanmoins, la police hongkongaise, dont des agents se trouvaient à Yuen Long où les groupes d'hommes en blanc ont fait leur apparition, a déclaré selon la presse anglophone n'avoir réalisé aucune arrestation car elle "ne pouvait pas être certaine de qui était impliqué". Yuen Long est situé dans les Nouveaux territoires, près de la frontière avec la Chine, où les gangs et les comités ruraux pro-Pékin sont très influents.

Ces attaques laissent craindre de la part des manifestants la présence de triade dans cette crise politique inédite.

Hong Kong est le théâtre de gigantesques manifestations contre le gouvernement local pro-Pékin, avec en parallèle des affrontements sporadiques et violents entre contestataires radicaux et policiers.

Un emblème national éclaboussé de peinture après une manifestation contre un projet de loi contre l'extradition est vu devant le bureau de liaison chinois à Hong Kong, Chine le 21 juillet 2019.

Le gouvernement de Hong Kong a condamné les violences dans un communiqué et a promis de prendre des mesures, confirmant que "certaines personnes" avaient commis des attaques dans le métro.

Selon le quotidien hongkongais Ming Pao, vers 22 heures la police a fait usage de gaz lacrymogènes et a tiré des balles de caoutchouc pour faire évacuer les lieux.

Le mouvement de contestation est notamment nourri par les disparitions de libraires dissidents, réapparus ensuite en détention sur le continent, la disqualification d'opposants et l'incarcération de leaders du mouvement pro-démocratie.

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