Pourquoi l'état d'urgence mondiale a été décrété — Ebola en RDC

19 Juillet, 2019, 03:41 | Auteur: Lynn Cook
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À Butembo, épicentre de l'épidémie situé à 250 kilomètres au nord de Goma, les autorités ont surtout le souci de retrouver les " contacts " des malades pour les vacciner et éviter la propagation du virus, a constaté un autre correspondant de l'AFP.

Il y a un mois, l'alerte n'avait finalement pas été déclenchée.

"Nous espérons qu'il y aura une plus grande transparence des acteurs humanitaires par rapport à leur utilisation des fonds pour répondre à cette épidémie d'Ebola", écrit-il dans un communiqué.

Déclarant l'épidémie de fièvre hémorragique à Virus Ebola qui frappe les provinces du Nord - Kivu et de l'Ituri comme une urgence sanitaire de "portée internationale", l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux pays et partenaires de la RDC de ne pas imposer des "restrictions" qui pourraient "isoler" le pays sur le plan international.

L'urgence sanitaire mondiale est une mesure exceptionnelle, qui n'a été décrétée que quatre fois seulement par l'OMS: en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola, qui a fait plus de 11 300 morts dans 3 pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone), et en 2016 pour le virus Zika.

Se pose désormais la question du nombre de contacts que le malade a pu avoir à partir du moment où il a développé les premiers symptômes. Selon les critères du règlement sanitaire international de l'OMS, cette procédure signifie que la situation est "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des conséquences sanitaires "au-delà des frontières nationales de l'Etat touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate". Sur place, des mesures de prévention sont appliquées depuis plusieurs jours déjà.

Toutefois le directeur du comité de l'OMS, Robert Steffen, a nuancé la désignation comme "urgence sanitaire" en précisant que l'épidémie demeurait à l'heure actuelle une menace régionale plutôt que mondiale.

Sur ce point, l'OMS se veut assez rassurante.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a demandé à la communauté internationale de "redoubler d'efforts": "Nous avons besoin de travailler ensemble avec la RDC pour en finir avec cette épidémie et construire un meilleur système de santé". Réunis à Genève, les experts ne cachent pas leur "déception au sujet des retards dans le financement" de l'aide. Ainsi, le comité recommande que l'OMS travaille "en collaboration avec les États Membres et les fabricants pour prendre immédiatement toutes les mesures visant à accroître l'approvisionnement, y compris en envisageant de travailler avec des entreprises de fabrication sous contrat (CMO) et le transfert de technologie." . Le Dr Tedros a ajouté que la priorité était d'accélérer la production du vaccin, dont les stocks s'amenuisent. Début mars, l'ONG avait annoncé le retrait de ses équipes de Beni et Butembo, les principaux foyers de l'épidémie, après des attaques armées contre des centres de traitement d'Ebola.

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