Les Etats-Unis annoncent avoir abattu un drone iranien — Tensions maritimes

19 Juillet, 2019, 16:49 | Auteur: Lynn Cook
  • Le supertanker Grace 1 iranien au large de Gibraltar arraisonné le 4 juillet 2019 par les autorités britanniques

"En dépit des allégations délirantes et sans fondement de Trump, tous les drones [envoyés] dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz, y compris celui auquel pense le président américain, sont biens rentrés à leur base", a ajouté le général de brigade et porte-parole des forces armées Abdolfazl Shékarchi, cité par l'agence Tasnim.

En Iran, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré ne pas avoir "d'information sur un drone perdu aujourd'hui".

Donald Trump a annoncé que les États-Unis ont abattu, jeudi 18 juillet, un drone iranien au-dessus du détroit d'Ormuz car il s'approchait dangereusement d'un navire américain, dans un contexte de tensions accrues avec Téhéran. Selon lui, le drone iranien se serait approché à moins de 1000 mètres du navire amphibie USS Boxer, lequel aurait alors entrepris "une action défensive".

L'Iran avait abattu, le 20 juin, un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien. Donald Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles. "Les Etats-Unis se réservent le droit de défendre leur personnel, leurs installations et leurs intérêts (.) Le drone a été aussitôt détruit", a déclaré jeudi le président des Etats-Unis. Il dément ainsi que la République islamique ait perdu, la veille, un appareil sans pilote.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a adopté une attitude hostile à l'Iran, l'accusant de chercher à obtenir l'arme atomique, ce que ce pays a toujours nié. Téhéran dit soupçonner son équipage de s'être livré à de la "contrebande" de carburant.

Selon les autorités britanniques de Gibraltar, le navire iranien saisi le 4 juillet est soupçonné d'avoir été envoyé à destination de la Syrie pour livrer sa cargaison en violation des sanctions européennes visant ce pays.

La situation s'est aggravée sur fond d'attaques d'origine inconnue contre des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, que les États-Unis imputent à l'Iran.

Même si les États-Unis et l'Iran "insistent sur le fait qu'ils ne veulent pas la guerre, les tensions préexistantes dans la région, combinées à la colère de l'Iran de se voir refuser les avantages de l'accord nucléaire, signifient qu'une provocation mal calculée peut" toujours "conduire à un embrasement", met en garde le journaliste Krishnadev Calamur dans une analyse publiée sur le site du magazine The Atlantic.

Recommande: