Von der Leyen n'a plus que deux jours pour convaincre — Commission européenne

16 Juillet, 2019, 19:55 | Auteur: Sue Barrett
  • La ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen le 3 juillet 2019 à Berlin

Frans Timmermans doit en outre à leurs yeux rester le premier vice-président de la Commission, comme s'y est engagée Ursula von der Leyen.

Ironie de l'histoire, dans le camp des sociaux-démocrates, ce sont précisément les compatriotes de Ursula von der Leyen, le SPD, partenaires de coalition du gouvernement Merkel, qui sont les plus virulents contre sa candidature.

Mais "l'affaire n'est pas gagnée" pour la prétendante à la succession de Jean-Claude Juncker.

Si le Parlement européen a déjà été présidé par une femme, Simone Veil la première, cela n'a encore jamais été le cas de l'exécutif européen.

Elle a aussi affirmé être "prête", si besoin, à un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, actuellement fixée au 31 octobre.

Si elle échoue, elle n'aura pas le droit à une seconde chance.

Officiellement, le PPE (droite, 182 élus), votera en bloc pour Ursula von der Leyen, malgré la frustration provoquée par l'élimination de son Spitzenkandidat, l'Allemand Manfred Weber, réélu à la présidence du groupe au Parlement.

L'Allemande Ursula von der Leyen, qui espère devenir la première femme à présider la Commission européenne, affronte mardi les votes des eurodéputés à Strasbourg, une partie serrée où les anti-UE pourraient jouer un rôle décisif.

Car elle a prévenu lundi qu'elle quitterait quoi qu'il arrive son poste actuel de ministre de la Défense mercredi. Or ce résultat n'a rien d'acquis à l'heure actuelle, les dirigeants de l'UE l'ayant désignée le 2 juillet lors d'un sommet européen d'une durée exceptionnelle de trois jours, créant la surprise et faisant fi des candidats présentés par les eurodéputés. "Les engagements que vous prenez doivent être clairs", a déclaré le Roumain Dacian Ciolos, chef de Renew Europe. La co-présidente du groupe, Ska Keller, a estimé que les propositions faites par Ursula von der Leyen n'étaient "vraiment pas suffisantes", tandis que le Belge Philippe Lamberts a critiqué un manque de respect envers les écologistes et refusé d'être la béquille d'une majorité parlementaire fragile "qui s'est faite sans nous".

En se mettant d'accord sur le nom d'Ursula von der Leyen, les gouvernements européens n'ont pas fait que des heureux et déclenché une bronca en Allemagne. Les Conservateurs et réformistes (CRE, 62 élus, dont ceux du PiS polonais) restent flous sur leur vote.

Malgré les promesses de son discours, les Verts (74 élus) ont clairement exclu de voter pour elle, tout comme l'extrême gauche (GUE/NGL, 41 élus).

Le groupe d'extrême droite "Identité et Démocratie" (73 membres, dont ceux de la Ligue italienne, du Rassemblement national RN français et de l'AfD allemand) devrait voter contre, ce dont la ministre allemande s'est dit "quelque peu soulagée".

S'exprimant avec aisance en français, allemand et anglais, Ursula von der Leyen a aussi confirmé son soutien à la neutralité carbone en 2050 qui sera inscrite dans la "première loi européenne sur le climat" et soutenu un objectif plus ambitieux de réduction des émissions CO2 de 50% en 2030, voire de 55%.

Une déclaration accueillie par les huées des eurodéputés britanniques pro-Brexit avec leurs petits Union Jack posés devant eux.

Les Verts européens réclament des actions plus fortes pour le climat et pour trouver des solutions à la crise migratoire.

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