Libye: Missiles: Tripoli réclame des explications à Paris - Monde

13 Juillet, 2019, 11:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Libye des missiles découverts sur une base pro Haftar appartiennent à Paris

Alors que la France a reconnu que des missiles découverts dans une base des forces du maréchal Khalifa Haftar près de Tripoli lui appartenaient, la Libye exige des explications.

Après la reprise de Gharyan le 26 juin, un officier pro-Haftar avait affirmé que des conseillers militaires français et émiratis étaient présents dans le QG au côté du commandement de l'ANL, ce qu'avait démenti l'ambassade de France en Libye. Selon l'Onu, les affrontements ont fait un millier de morts depuis début avril, dont une centaine de civils. Khalifa Haftar bénéficie lui du soutien de l'Egypte, de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, des Etats-Unis et de la Russie.

C'est la grande question posée par la découverte de ces missiles.

Le problème avec les embargos américains, c'est qu'ils interdisent aux Etats-Unis de vendre leurs propres armes à certains pays, du coup, nous en France nous achetons les armes aux Américains et les refilons en douce à la demande de l'Oncle Sam aux pays qu'ils ont mis eux-mêmes sous embargo.

Le Javelin est un lance-missiles anti-char portable développé par Raytheon et Lockheed Martin dont le coût de production à l'unité est de l'ordre de 78.000 dollars.

La France a cependant réfuté avoir enfreint l'embargo sur les armes imposé à la Libye depuis 2011 et la chute du président déchu Mouammar Kadhafi. L'annonce révélée par le très sérieux New York Times a fait l'effet d'une bombe.

"Les missiles Javelin trouvés à Gharyan appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux Etats-Unis".

Le ministère français des Armées affirme que les missiles Javelin "inutilisables" de fabrication américaine n'ont jamais été destinés à être passés à un groupe quelconque, et qu'ils devaient être détruits.

Les quatre missiles, "endommagés et hors d'usage ", avaient été " temporairement stockés dans un dépôt en vue de leur destruction et n'ont pas été transférés à des forces locales".

"Ces armes étaient destinées à l'autoprotection d'un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contreterrorisme", a détaillé le ministère des Armées, ainsi forcé de confirmer la présence de forces françaises sur le territoire libyen, alors que Paris n'évoque jamais l'engagement de ses forces spéciales et de ses agents de renseignement.

On fait valoir au ministère que la France "soutient depuis longtemps la lutte de toutes les forces régulières engagées contre le terrorisme, en Libye, aussi bien en Tripolitaine qu'en Cyrénaïque, et plus largement au Sahel".

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