Le mandat de Powell (Fed) n'est pas menacé (conseiller Maison Blanche) — USA

11 Juillet, 2019, 10:10 | Auteur: Aubrey Nash
  • Sodexo plombé par ses prévisions la Fed en ligne de mire | Crédits

Les actions apprécient. Le dollar baisse.

Le dirigeant et la Banque centrale sont sous la critique constante du président Donald Trump qui dans ses tweets réclame une baisse des taux et affirme que la Fed "ne sait pas ce qu'elle fait". La révision de leurs attentes fait baisser Wall Street depuis vendredi. Pour le bouillant président, qui brigue sa réélection en 2020, sans les hausses des taux de la Fed intervenues à la fin de l'année, les indices boursiers seraient beaucoup plus élevés et la croissance de l'économie américaine pourrait atteindre "4%, voire 5%", une envolée contestée par nombre d'économistes.

"Si vous receviez un coup de fil du président aujourd'hui vous disant qu'il vous renvoie, que vous devez partir, que feriez-vous?", lui a demandé Maxine Waters, la présidente de cette Commission. "Je ne vous entends pas!", a tempêté Mme Waters. "Non, Madame", a alors répondu d'une voix plus forte le patron de la Fed. "La possibilité d'une non-action commence à affleurer et avec elle les craintes de devoir rétribuer l'excès d'optimisme qui règne depuis plusieurs semaines", ajoute-t-il. C'est le président des Etats-Unis qui nomme le patron de la Fed (en l'occurrence Trump lui-même a préféré Powell à sa prédécesseure Janet Yellen) mais il ne peut pas, en principe, le démettre. Pour autant, l'institution joue désormais un rôle indirect très important sur la direction des marchés financiers, au point de se retrouver au cur d'un paradoxe: les investisseurs réagissent positivement aux signaux de baisse de taux, pourtant a priori synonymes de dégradation des conditions économiques.

Mais M. Powell a aussi décrit une économie demeurant robuste, ce qui ne plaide pas pour un repli du coût du crédit.

"Des signes de progrès apparents sur le commerce se sont transformés en incertitude accrue et nos contacts dans les milieux d'affaires et l'agriculture font état d'une montée des inquiétudes sur l'évolution du commerce", explique-t-il, en notant que l'investissement des entreprises "semble avoir ralenti de manière sensible" ces derniers mois.

Enfin, l'inflation reste atone.

Le rythme de croissance s'est "modéré" et "il y a un risque de voir une inflation faible se révéler encore plus persistante que nous ne l'anticipons pour l'instant", poursuit-il. L'inflation a marqué le pas en mai à 1,5%, loin des 2% que la Fed estime sains pour l'économie.

L'outil FedWatch de la Fed, qui prend le pouls des anticipations du marché à partir des options, montre qu'une baisse de taux est attendue à 100% le 31 juillet, avec 71,4% de probabilité pour une réduction d'un quart de point et 28,7% pour une réduction d'un demi-point, comme l'illustre le graphique qui suit.

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