Féminicides : vers un "Grenelle" des violences conjugales

09 Juillet, 2019, 21:12 | Auteur: Sue Barrett
  • Sophie Iborra a été choisie pour son parcours associatif

"Brigitte Macron s'engagera" personnellement dans ce dossier.

Dans le "Journal du dimanche", un hebdomadaire français, elle a par ailleurs annoncé que le gouvernement lancera en septembre à Matignon un "Grenelle des violences conjugales" afin d'enrayer le phénomène des féminicides.

Alors que 74 femmes ont été tuées par leur conjoint depuis le début de l'année 2019, plusieurs pétitions et une manifestation organisée ce samedi à Paris ont été lancées pour inciter le gouvernement à agir. Il a publié un message directement adressé aux victimes où il commence par la liste leurs prénoms poursuit: "la République n'a pas su vous protéger..." Le décalage entre la mobilisation inédite de la société contre les féminicides et les réponses apportées est flagrant. "Combien coûte la vie d'une femme?"

Le "Grenelle contre les violences conjugales", qui sera introduit par Édouard Philippe "et réunira les ministres concernés, acteurs de terrain, services publics, associations, familles de victimes", s'ouvrira le 3 septembre, "le 3/9/19, en écho au numéro 3919", la ligne téléphonique consacrée aux femmes victimes de violences, relève Marlène Schiappa.

Hier, samedi 6 juillet, environ 2.000 personnes selon les organisateurs, 1.200 d'après la police, se sont rassemblées place de la République pour exiger des mesures immédiates contre les féminicides, à l'appel d'un collectif de familles et proches de victimes qui avait réclamé dans une tribune un "Grenelle des violences faites aux femmes".

Marlène Schiappa prévoit de s'adresser jeudi "à l'ensemble des préfets" pour "les mobiliser". La semaine prochaine, elle recevra également "toutes les associations financées par l'État pour avancer".

Si nécessaire, ce Grenelle donnera lieu à des circulaires ou des lois contenant "des mesures encore plus efficaces, au plus près du terrain", selon la secrétaire d'État, qui défend par ailleurs l'action de l'exécutif en la matière. "Ce n'est pas satisfaisant qu'une femme dépose plainte une, deux, cinq, douze fois et qu'il ne se passe rien", a-t-elle expliqué, déplorant en outre que des "téléphones "grave danger" censés être remis aux femmes menacées ne soient "pas attribués parce qu'il n'y a pas de décision de justice".

Si l'on prend en compte les couples officiels comme les non-officiels (de l'époux à la relation épisodique), 130 femmes sont mortes en 2017 en France, tuées par leur conjoint ou ex, contre 123 en 2016, selon les dernières données de la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur.

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