Bernard Tapie relaxé du délit d'escroquerie — Affaire Crédit Lyonnais

09 Juillet, 2019, 12:26 | Auteur: Sue Barrett
  • Bernard Tapie à la sortie du dernier jour du procès de l'arbitrage en mars dernier

Il ne sera pas dans la salle d'audience pour entendre le jugement. "Le parquet requiert à son encontre une peine de trois ans de prison, dont un an et demi ferme, mais également 100 000 euros d'amende et une interdiction d'exercer toute fonction publique durant les cinq années à venir, pour cause de " complicité d'escroquerie " et de " complicité de détournement de fonds publics ".

Ce mardi 9 juillet, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Bernard Tapie, plus de dix ans après l'arbitrage controversé ayant octroyé 403 millions d'euros à l'homme d'affaires pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais.

L'avocat de Bernard Tapie, Hervé Temime, a fait part de son "immense satisfaction" quand à l'issue de ce procès. Déterminé à prouver que ce n'est pas lui qui a "volé le contribuable ", mais bien le Crédit lyonnais, son adversaire depuis la revente du groupe Adidas il y vingt-six ans.

Au moment de l'affaire, Stephane Richard était directeur de cabinet de la ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, Christine Lagarde, aujourd'hui à la tête du FMI.

La justice du coup s'est de nouveau mêlée du dossier.

Bernard Tapie arrivant au Tribunal de Paris le 18 mars 2019.

C'est lui qui, en activant d'abord ses soutiens à l'Elysée, aurait poussé le pouvoir sarkozyste à choisir la voie arbitrale au lieu de la justice ordinaire.

Parmi les éléments débattus à l'audience ont figuré les liens que Bernard Tapie aurait entretenus bien avant la sentence avec l'un des trois arbitres, l'ex-magistrat Pierre Estoup (trois ans ferme requis). Ils ont réclamé une peine " symbolique " de trois ans d'emprisonnement ferme contre Pierre Estoup, 92 ans et absent au procès pour raisons médicales, et trois ans avec sursis contre Maurice Lantourne.

Le tribunal correctionnel de Paris a totalement relaxé Bernard Tapie. Reste à la juridiction pénale de se prononcer.

Parties civiles, l'Etat et le CDR avaient demandé le paiement solidaire de 525 millions d'euros de dommages et intérêts et réclamaient en outre respectivement un million et 500.000 euros au titre du préjudice moral.

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