Tollé mondial après la décision de l’Iran d’enrichir son uranium — Nucléaire

08 Juillet, 2019, 00:41 | Auteur: Lynn Cook
  • La centrale d'Arak au sud de Téhéran en 2006

Une nouvelle étape a été franchie dans l'escalade de tensions autour du nucléaire iranien: après avoir annoncé le 1er juillet que l'Iran ne respectait pas l'accord de 2015 sur le nucléaire, Téhéran est passé à la vitesse supérieure ce dimanche 7 juillet, déclarant que le pays enrichirait désormais son uranium au-delà de la limite autorisée de 3,67%.

Trois pays encore parties à l'accord ont fermement réagi à cette annonce.

Téhéran a également menacé de s'affranchir d'autres obligations en matière nucléaire dans "60 jours" à moins qu'une "solution" soit trouvée avec ses partenaires au sein de l'accord sur le nucléaire iranien pour répondre à ses demandes.

Ces demandes ont trait essentiellement à la possibilité pour l'Iran de continuer de vendre son pétrole et de commercer avec l'extérieur en contournant les sanctions américaines.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, a néanmoins fait porter aux Européens seuls la responsabilité de la survie de l'accord de Vienne.

Rappelant que son pays était en faveur du maintien de cet accord, Araghchi a indiqué que les mesures prises depuis mai par l'Iran pour s'affranchir de certains de ses engagements étaient réversibles à tout moment si l'Iran voyait ses demandes satisfaites. Téhéran assure que ce programme a une vocation purement civile et qu'il ne vise pas à se doter de l'arme atomique. Téhéran, au contraire, a toujours démenti vouloir la bombe.

Sur ce deuxième point, M. Araghchi a indiqué dimanche que l'Iran ne mettait pas à exécution sa menace, privilégiant pour l'instant le projet de conversion du site retenu par l'accord de Vienne.

En contrevenant à ses engagements, l'Iran s'expose à un renvoi de la question de son programme nucléaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a le pouvoir de rétablir les sanctions levées. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a pour sa part qualifié la décision iranienne de "développement très dangereux".

Présent à la même conférence de presse, le porte-parole de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, Behrouz Kamalvandi a déclaré pour sa part que ses services étaient prêts à enrichir "n'importe quelle quantité" d'uranium "a n'importe quel niveau" de pureté en fonctions des ordres qu'il recevra le cas échéant.

Selon M. Kamalvandi, les inspecteurs étrangers devraient faire ce constat dès lundi "matin".

Recommande: