La droite lamine la gauche de Tsipras — Législatives en Grèce

08 Juillet, 2019, 08:21 | Auteur: Aubrey Nash
  • La droite lamine la gauche de Tsipras — Législatives en Grèce

Selon les dernières enquêtes d'opinion, la formation de droite devrait obtenir 151 à 165 sièges sur les 300 que compte la Vouli, le parlement grec.

Pour ces premières élections générales convoquées en début d'été, alors que les Grecs sont déjà partis en congés ou se rafraîchir sur les plages, Alexis Tsipras aussi a battu le rappel: "Dimanche, allez voter et emmenez avec vous un ami, un indécis", a-t-il encore scandé.

Les électeurs grecs se rendent aux urnes dimanche pour des législtives anticipées et choisir leur prochain chef de gouvernement.

Les Grecs ont infligé dimanche une sévère défaite au Premier ministre sortant de gauche Alexis Tsipras, dont le successeur de droite Kyriakos Mitsotakis a promis de "relever" le pays meurtri par une décennie de crise.

Trois ans après avoir pris les rênes de la Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, perçu comme un réformateur, proche des milieux d'affaires, a promis de "relancer l'économie" et de "laisser la crise derrière nous". Les premiers résultats officiels sont attendus vers 21H00 (18H00 GMT).

Efi Louka, une employée de la compagnie de téléphonie publique OTE, a fait le déplacement depuis Lamia (centre) pour "fêter ce changement".

Mais après quatre années de gouvernance du plus jeune Premier ministre grec en cent cinquante ans, les électeurs ne lui pardonnent, selon les analystes, ni ses promesses non tenues, ni ses ponctions fiscales drastiques dictées par l'Union européenne pour écarter le "Grexit".

L'élection de ce fils de Premier ministre, descendant d'une dynastie politique, signera le retour de la "familiocratie " au gouvernement grec, une tradition que Tsipras avait interrompue en accédant au pouvoir à l'âge de 40 ans.

Troisième parti du nouveau parlement, le parti KINAL né sur les cendres du parti socialiste du Pasok, remporte une dizaine de sièges, devant les communistes et le parti MeRa25 de l'ancien ministre des Finances de M. Tsipras, Yanis Varoufakis, qui obtiendraient entre 3 et 5% des suffrages, selon les sondages sortie des urnes.

Sonné par un échec cinglant aux élections européennes et locales, fin mai et début juin, Alexis Tsipras, dont le mandat s'achevait théoriquement en octobre 2019, a tenté un coup de poker risqué en convoquant lui-même ces élections anticipées au début de l'été, espérant inverser la vague de mécontentement.

Mais si les sondages disent vrai, M. Tsipras, habitué à remettre en jeu sa majorité, pourrait bien perdre cette fois son pari.

Nikos Xydakis, un ex-député du Syriza et ancien ministre de la Culture, a reconnu qu'Alexis Tspiras avait pâti d'un phénomène d'"usure", estimant que son parti avait fait "trop de promesses".

Sur ses affiches électorales, le premier ministre, le bras levé, en manches de chemise, semble dire au revoir. Dans une opération séduction de la dernière chance, vendredi soir, il avait pourtant agité le risque de retour aux "heures sombres de l'austérité" et évoqué la baisse du chômage, le plus important de la zone euro, ou encore la revalorisation du salaire minimum mensuel à 650 euros.

Le parti néo-nazi Aube dorée et les nationalistes de la Solution grecque, pourraient ne pas atteindre le seuil de nécessaire 3% pour décrocher un siège de député.

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