"Tout le monde va devoir bouger", dit Angela Merkel — Hautes fonctions européennes

03 Juillet, 2019, 23:13 | Auteur: Aubrey Nash

Macron et Merkel veulent trouver un accord cette nuit "quitte à prendre du temps, il est même envisagé de déborder jusqu'à lundi matin s'il le faut", a toutefois nuancé la source européenne.

Les dirigeants européens tentaient dans la nuit de dimanche à lundi de sortir leurs négociations de l'impasse, provoquée par leurs dissensions sur la répartition des postes de pouvoir de l'UE et l'hypothèse d'un nouveau sommet était évoquée par de nombreuses délégations.

Le président Emmanuel Macron s'oppose fermement à sa candidature, critiquant ce qu'il considère comme un manque d'envergure pour un poste d'une telle importance.

"Ce sommet a été très mal préparé", a lâché un diplomate européen contrarié par des consultations insuffisantes selon lui sur la proposition qu'avait soumise aux 28 le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk.

Signe des tensions, le sommet, où les dirigeants européens ont été privés de téléphone portable, a commencé avec près de trois heures de retard. Il a été suspendu vers 23h30 pour permettre à M. Tusk de mener des consultations bilatérales avec chacun des dirigeants. La chancelière Angela Merkel avait annoncé quant à elle s'attendre à une réunion difficile.

Un verrou serait tombé: le prétendant du Parti populaire européen (PPE, droite) à la tête de l'exécutif européen, l'Allemand Manfred Weber, recalé par les chefs d'Etat lors d'un sommet le 20 juin, aurait renoncé, ont expliqué samedi à l'AFP ses proches et plusieurs sources au sein du PPE.

Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, prend la parole lors d'une conférence de presse lors du Conseil "Affaires générales" de l'Union européenne à Bruxelles (Belgique), le 27 février 2018.

Les sociaux-démocrates, deuxième force politique au Conseil et au Parlement, également en recul, soutiennent la revendication du PPE. "Il suffisait de ne pas contester la victoire du PPE et d'accepter de lui donner la présidence", s'est ainsi ému sur Twitter le président par intérim du parti LR Jean Leonetti.

Mais ces arrangements entre amis, fût-ce par le couple franco-allemand, ne suffisent plus pour emporter l'adhésion d'Européens divisés. Aucune solution ne peut être avalisée sans le soutien de cette famille politique, car aucune majorité n'est possible sans les votes de son groupe, le plus important au Parlement européen. La plupart des dirigeants "peuvent vivre" avec l'accord Timmermans-Weber et les discussions portent sur les autres postes, a indiqué à l'AFP un négociateur aux premières heures de la journée ce lundi. L'objectif reste d'avoir un accord sur la présidence de la Commission, mais aussi sur celles du Conseil et de la Banque centrale européenne, ainsi que sur le poste de haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères.

En cas d'échec du sommet, l'élection du président du Parlement européen devrait en tous les cas avoir lieu le 3 juillet à Strasbourg.

En outre, la France pouvait, elle, demander la gouvernance de la BCE.

"Le PPE en tant que parti a remporté les élections et doit obtenir la présidence de la Commission européenne", a soutenu son homologue croate Andrej Plenković.

"Le choix du président du Parlement est totalement indépendant (.) Nous élirons notre président le 3 juillet quel que soit le résultat" du sommet, a affirmé dimanche le président sortant, l'Italien Antonio Tajani, membre du PPE.

Si un accord est trouvé cette semaine par les chefs d'Etat et de gouvernement sur la présidence de la Commission, le Parlement pourra se prononcer sur son candidat lors de sa seconde session du 15 au 18 juillet. Il lui faudra obtenir au moins 376 voix pour être élu.

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