Jared Kushner mise sur le "deal du siècle" — Conflit israélo-palestinien

26 Juin, 2019, 02:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Le gendre et conseiller du président américain Jared Kushner et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 23 août 2017 au Caire. Handout  AFP  Getty Images

Jared Kushner, conseiller et gendre de Donald Trump, a appelé les Palestiniens à saisir "l'occasion du siècle", l'accord présenté par l'administration américaine pour parvenir à la paix au Proche-Orient. "Nous pouvons transformer cette région pour qu'elle passe de victime des conflits passés en modèle de commerce et de progrès partout dans le monde", a-t-il ajouté.

"Mon message direct au peuple palestinien est que (.) le président Trump et l'Amérique ne vous ont pas abandonnés", a-t-il encore dit.

L'administration américaine a laissé entendre qu'elle pourrait accepter cette annexion et que le volet politique de son plan pourrait ne pas faire référence à un Etat palestinien, contrairement à la position américaine depuis des décennies.

La Maison blanche a dit avoir renoncé à inviter une délégation gouvernementale israélienne en raison de l'absence de représentants de l'Autorité palestinienne. Riyad, qui tient à ménager Washington, a assuré à ses alliés arabes qu'il n'approuverait rien qui puisse nuire aux revendications fondamentales des Palestiniens. Certains projets verraient le jour au Sinaï, où ils pourraient profiter aux Palestiniens dans l'enclave de Gaza.

Le corridor de transport entre l'enclave côtière et la Cisjordanie coûterait à elle seule 5 milliards de dollars. Le plan propose également d'engager près d'un milliard de dollars pour bâtir un secteur touristique palestinien, une idée à première vue incongrue étant donné l'insécurité dans la région et les fréquentes flambées de violence entre forces israéliennes et groupes armés palestiniens. Un engouement moindre d'autant plus que le plan prévoit que les riches pétromonarchies du Golfe ou des investisseurs privés financent l'essentiel de la facture des 50 milliards de dollars. Donald Trump en avait confié l'élaboration dès le début de son mandat à son gendre et conseiller, Jared Kushner. "Je ris quand ils attaquent ce plan en tant qu'accord du siècle".

Agé de 38 ans, Jared Kushner est issu comme son beau-père du milieu des promoteurs immobiliers new-yorkais et semble traiter le processus de paix au Proche-Orient comme une simple transaction, observent analystes et anciens responsables de l'administration.

"L'ambitieux plan de relance économique, fruit de deux années de travail de Jared Kushner et d'autres collaborateurs, ne serait mis en œuvre que dans le cas où une solution politique aux problèmes de longue date de la région serait trouvée", précise-t-on. Le Royaume a également pris soin de souligner dans un communiqué que la présence marocaine ne se fera pas au détriment des Palestiniens et que le Maroc restera fidèle à ses principes et au droit international, en d'autres termes, deux Etats avec Jérusalem comme capitale de la Palestine. Les Nations unies et de nombreux pays sont favorables à cette solution.

"Nous allons considérer la proposition américaine d'une manière juste et ouverte", a déclaré le Premier ministre lors d'une visite dans la vallée du Jourdain avec le conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Bolton.

Quelques hommes d'affaires israéliens sont attendus à Manama, de même que, selon Kushner, des hommes d'affaires palestiniens qu'il a refusé de nommer.

Seulement voilà, pour Mahmoud Abbas - président palestinien - les États-Unis chercheraient " à acheter la Palestine " et à " les priver d'un État indépendant " a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Ramallah. "Nous saluons tous ceux qui souhaitent nous aider, que ce soit à Manama ou ailleurs".

Recommande: