Lignes à haute tension : l'Anses alerte sur un risque

25 Juin, 2019, 22:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Les lignes électriques émettent des champs magnétiques à basses fréquences

Parmi les machines émettant le plus de champs électromagnétiques, l'Anses cite les postes de soudage par résistance, les magnétiseurs démagnétiseurs, l'électrolyse industrielle ou le soudage par pertes diélectriques. Dès 2010, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) révélait une association entre la survenue de leucémie infantile et l'exposition aux champs magnétiques basses fréquences à des niveaux supérieurs à 0,2 ou 0,4 microtesla (selon les études). Une nouvelle expertise de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) parue ce jour révèle en effet que l'exposition prolongée aux champs électromagnétiques basses fréquences présenterait un risque "possible" de leucémie notamment chez les enfants, nécessitant la prise de mesures pour mieux la maîtriser. Environ 40 000 des moins de quinze ans en seraient concernés.

Les champs magnétiques basses fréquences ont une fréquence inférieure à environ 8,3 kilohertz, seuil au-delà duquel commencent les radiofréquences. Chez Matthieu Belliard vendredi, Olivier Merckel, responsable de l'unité d'évaluation des risques liés aux agents physiques à l'ANSES, revient sur cette recommandation.

105 000 km de lignes à haute et très haute tension émaillent le territoire français.

Pour autant, l'ANSES ne se veut pas alarmiste et tient à rappeler qu'"aucun lien de cause à effet n'a été démontré entre le fait d'habiter à proximité d'une ligne à haute tension et l'augmentation de risque de leucémie infantile". Ils sont émis par les réseaux de transport d'électricité et les transformateurs électriques, mais aussi par les transports, les aimants, les appareils électroménagers ou encore l'ensemble des câbles électriques dans lequel un courant circule. Elle avait déjà alerté en 2010 sur un "risque à long terme de leucémie infantile ".

Dès 2002, le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), l'agence spécialisée de l'OMS pour la recherche sur le cancer, a classé les champs magnétiques d'extrêmement basses fréquences - ceux émis par les installations électriques et les dispositifs de transport de l'électricité - comme cancérogènes " possibles " pour l'humain.

Cependant, à l'heure actuelle, "les études épidémiologiques sont trop hétérogènes pour établir un lien entre l'exposition professionnelle et l'apparition de pathologies chroniques, en particulier maladies neurodégénératives et tumeurs du système nerveux", avertit l'Anses, qui estime donc qu'il est "nécessaire de poursuivre les recherches" sur le sujet. Par ailleurs, l'Agence recommande qu'une prochaine réévaluation des valeurs limites d'exposition prenne en compte les éléments scientifiques les plus récents.

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