Le Kremlin dénonce les manifestations comme une "provocation russophobe" — Géorgie

25 Juin, 2019, 05:06 | Auteur: Lynn Cook
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Lors d'un discours à la télévision, le Premier ministre Mamuka Bakhtadzé a promis que les "leaders d'une opposition destructrice" ayant organisé selon lui "des violences de masse" seraient confrontés à la justice.

Des milliers de géorgiens se sont réunis autour du parlement pour protester contre la prise de parole du député russe Sergueï Gavril devant l'Assemblée géorgienne.

De quoi hérisser les poils de ces Géorgiens, pour qui la Russie est un "occupant".

Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement, où les chefs de l'opposition ont donné la parole à de jeunes militants et à des étudiants.

La guerre a entériné la perte du contrôle par la Géorgie de ses deux régions séparatistes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud (20% du territoire géorgien), frontalières du territoire russe et sur lesquelles sont restées des troupes russes. S'adressant à la foule, Grigol Vachadzé, le leader du principal parti d'opposition, le Mouvement national uni (MNU) créé par l'ancien président exilé Mikheïl Saakachvili, a appelé à des élections législatives anticipées, une réforme électorale et la démission du ministre de l'Intérieur. "Poutine a décidé de punir la Géorgie car il y a des manifestations", a jugé pour sa part l'opposant Alexeï Navalny.

Le décret requiert également de la part du Parlement de prendre des dispositions afin d'organiser le retour des citoyens russes présents actuellement en Géorgie, et demande aux agences de voyage locales de ne pas envoyer leurs clients dans le pays.

Le Kremlin, lui, parle de "provocation russophobe". Selon l'Union russe du tourisme, les Russes étaient en 2018 au troisième rang des visiteurs les plus nombreux en Géorgie, soit 1,7 million de personnes.

La Géorgie s'était déjà opposée à Moscou en août 2008 lors d'une guerre, brève.

Si les autorités géorgiennes n'ont pas encore réagi officiellement, un haut responsable a soutenu qu'il s'agissait d'une décision politique.

Les manifestants restent mécontents de la visite d'une délégation russe conduite par Sergei Gavrilov, membre de la chambre basse du Parlement russe, qui participait jeudi à un événement destiné à renforcer les relations entre les législateurs chrétiens orthodoxes.

Les autorités géorgiennes de l'aviation ont été informées de la suspension des vols par les autorités russes de l'aviation, selon un communiqué du ministère.

"Tout ce qui s'est passé hier en Géorgie n'est rien d'autre qu'une provocation anti-russe", a déclaré Peskov.

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