Assurance chômage : ouverture de droits pour les auto-entrepreneurs

20 Juin, 2019, 14:22 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud lors de la présentation de la réforme de l'assurance chômage mardi 18 juin 2019

La ministre du Travail tenait une conférence de presse mardi aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe pour dévoiler dans les grandes lignes ce que sera la vaste réforme de l'assurance chômage.

Invitée de BFMTV ce mercredi matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s'est fait le porte-voix de l'injonction du gouvernement: pour avoir le droit au chômage, il faudra à l'avenir travailler encore davantage.

À partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l'assurance chômage et les conditions de "rechargement" des droits seront également durcies: il faudra avoir travaillé six mois au lieu d'un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d'autant. Cette mesure doit rapporter 210 millions d'euros. Sauf... si ces derniers se mettent à travailler, explique Muriel Pénicaud!

Ce qu'a dit Muriel Pénicaud sur BFM TV/RMC, le 19 juin: " Vous savez combien il y a d'offres d'emploi aujourd'hui, 19 juin, disponibles sur le site de Pôle Emploi? Il y en a 688.000.

En revanche, le principe "un jour travaillé, un jour indemnisé" reste inchangé tout comme la durée maximale d'indemnisation (deux ans jusque 53 ans, deux ans et demi entre 53 et 55 ans, trois ans près 55 ans). Il y a 37 millions d'offres d'emploi par an.

"Aujourd'hui c'est très difficile de trouver un emploi stable", reconnaît néanmoins la ministre, comme pour laver tout soupçon concernant son inconscient...

Le niveau d'indemnisation sera identique à celui auquel ont droit les autres demandeurs d'emploi. Eh oui, c'est bien connu, c'est même le Président qui l'a dit: pour trouver un emploi, il suffit de traverser la rue... "On est en train de faire payer au système de protection sociale (.) les échecs cumulés des politiques économiques en matière d'emploi et de chômage", a-t-il estimé.

Depuis 2019, l'assurance chômage est en effet financée non plus par les cotisations salariales, supprimées, mais par l'impôt, en l'occurrence la CSG. Et il ne s'agit pas que d'un détail technique...

Selon l'opposition, le durcissement de ces deux critères d'accès priverait 250.000 personnes d'allocations chômage. Issues de l'impôt, elles sont à la discrétion de l'Etat, qui s'est au passage substitué aux partenaires sociaux dans leur gestion. Voici ce qui changera, à terme, pour tous les salariés et les demandeurs d'emploi. Accompagner "plus efficacement les chômeurs vers le travail", en mobilisant 4.000 salariés de Pôle emploi sur cette tâche, dont 1.000 embauches sur trois ans, en ouvrant l'assurance-chômage aux salariés démissionnaires et aux travailleurs indépendants. Raisonnement: pour pouvoir financer l'extension du système, il fallait un tour de vis: "Mon nouveau système crée un filet de sécurité pour tout le monde, mais avec de vraies exigences, prévenait ainsi Emmanuel Macron".

A partir du 1er avril, le calcul de l'indemnisation sera modifié de façon à ce que "à travail égal, allocation égale".

Le gouvernement avance trois raisons: un chômage des cadres faible (moins de 4%), des montants plus élevés que dans le reste de l'Europe et le constat que les chômeurs aux indemnités élevées sont aussi ceux qui restent inscrits le plus longtemps. Le sérieux de ce dernier fera l'objet d'une vérification par les Commissions paritaires interprofessionnelles régionales. Avec ce filtre, l'indemnisation des démissionnaires ne devrait en réalité concerner qu'entre 20.000 et 30.000 personnes, soit à peine 3% du million de démissionnaires en France en 2016, selon les chiffres de l'Unédic.

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