Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy sera bien jugé pour corruption

20 Juin, 2019, 18:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Nicolas Sarkozy à Paris le 21 mars 2019

Le procès de l'ex-président, notamment poursuivi pour la "corruption " d'un haut magistrat, devrait se tenir dans les prochains mois à Paris.

"Ce mardi, la Cour de cassation a rejeté les derniers recours formés par Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert pour éviter un procès pour " corruption " et " trafic d'influence ", entraînant leur renvoi devant le tribunal correctionnel. Thierry Herzog et Gilbert Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

La justice avait fait placer deux téléphones utilisés par Nicolas Sarkozy sur écoute en septembre 2013, dans le cadre d'une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, pour lesquelles il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Au terme de leur instruction, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption " et "trafic d'influence " contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du Parquet national financier (PNF). MM.

Cette comparution est une grande première, en France sous la 5ème république.

Les policiers avaient découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert au moyen d'une carte pré-payée sous l'alias de "Paul Bismuth " pour communiquer avec un unique interlocuteur: son avocat. De quoi faire monter au créneau quelques sarkozystes historiques, comme l'élu du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle: "Ce n'est pas la première fois que l'on évoque des affaires autour de Nicolas Sarkozy".

Concernant ces deux affaires, l'ancien Président de la République peut être renvoyé devant un tribunal en vue d'être jugé; ou bénéficier d'un non-lieu si le juge estime que les charges ne sont pas suffisantes.

Nicolas Sarkozy avait renoncé à cette démarche au dernier moment, toujours d'après ces interceptions.

Les enquêteurs se sont aussi interrogés sur d'éventuelles interventions de Gilbert Azibert, que ce dernier réfute, pour influer sur la décision des magistrats de la Cour de cassation, qui avaient rendu une décision défavorable à l'ex-chef de l'État sur ses agendas, dont le contenu était susceptible d'intéresser des magistrats enquêtant dans d'autres dossiers, notamment l'arbitrage Tapie. Thierry Herzog et Gibert Azibert avaient également été mis en examen. Mais elles devraient encore alimenter une âpre bataille à l'ouverture du procès.

La Cour de cassation a rejeté l'un des ultimes recours de Nicolas Sarkozy.

Il faut dire que le nom du futur président des Républicains alimente plus volontiers les conversations que le sort de Nicolas Sarkozy.

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