Washington envoie des renforts au Moyen-Orient, l'Iran fait monter la pression

18 Juin, 2019, 11:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Hassan Rouhani assis près d'un drapeau iranien

Selon le chef du Pentagone, " les Etats-Unis ne cherchent pas à entrer en conflit avec l'Iran".

Les annonces de Téhéran surviennent alors que l'Iran et Washington sont déjà à couteaux tirés, notamment après "une série d'attaques inexpliquées contre des navires et des infrastructures de la région, attribuées par les États-Unis à l'Iran et ses alliés", souligne Al-Jazira.

L'Union européenne s'est montrée plus prudente dans l'attribution des responsabilités de cette attaque et a refusé de s'aligner sur Washington.

L'accord sur le nucléaire iranien a été conclu à Vienne le 14 juillet 2015 entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l'Allemagne.

L'Iran a annoncé le 8 mai qu'il avait décidé de ne plus respecter deux engagements qu'il a pris aux termes de l'accord international conclu à de Vienne en 2015 à propos de son programme nucléaire: ceux limitant ses réserves d'uranium enrichi (UF6) à 300 kg et ses réserves d'eau lourde à 130 tonnes. "Nous opposerons la pression maximale du gouvernement américain à toute action qui leur permettrait d'avoir une arme nucléaire", a prévenu la porte-parole du département d'Etat américain Morgan Ortagus.

Mais Washington s'est retiré unilatéralement du pacte en mai 2018 et a rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran, qui presse depuis des mois les autres partenaires de l'aider à en atténuer les effets dévastateurs.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans l'Iran une menace existentielle pour son pays, a appelé la communauté internationale à imposer "immédiatement" des sanctions contre Téhéran le jour où son stock d'uranium enrichi passera au-dessus de la limite.

L'Iran a menacé, s'il n'obtient pas satisfaction au bout des 60 jours de s'affranchir de deux autres de ses engagements pris en matière nucléaire.

Le réacteur d'Arak a été mis en sommeil conformément à l'accord de Vienne, qui impose également à Téhéran de ne pas enrichir l'uranium à un taux supérieur à 3,67 %, très en deçà des 90 % nécessaires pour envisager la fabrication d'une arme atomique.

"L'intérêt, pour nous tous, est de maintenir en l'état l'accord nucléaire".

En ce qui concerne l'enrichissement d'uranium, a néanmoins déclaré le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, les "scénarios" envisagés "vont d'un passage à 3,68 % jusqu'à n'importe quel autre pourcentage en fonction des besoins du pays".

Le président iranien, Hassan Rohani, qui recevait lundi l'ambassadeur de France à Téhéran a encore fait monter la pression d'un cran en avertissant qu'il restait "peu de temps pour sauver l'accord nucléaire avec les puissances internationales", rapporte Ha'Aretz.

Semblant impuissantes à agir face aux sanctions américaines, les trois capitales européennes exhortent Téhéran à continuer de respecter l'accord malgré tout.

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