Agnès Buzyn rencontre les grévistes — Crise aux urgences

14 Juin, 2019, 15:56 | Auteur: Jonathan Ford
  • Manifestation de personnel urgentiste près du ministère de la Santé à Paris le 6 juin

La semaine dernière, la ministre de la santé avait tenté de désamorcer la crise en promettant une _ " stratégie d'ensemble " incluant la mission, ainsi que des primes pour les personnels et des crédits pour les travaux nécessaires.

Une large part de ce montant (55 millions) sera consacrée à la généralisation et à la revalorisation d'une prime "de risque de 118 euros bruts (100 euros nets mensuels)" versée dès juillet. Notez également qu'Agnès Buzyn, ministre de la santé et Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, ont prévu de se rendre dans la cité thermale vendredi prochain pour inaugurer le nouveau service des urgences de l'hôpital.

Agnès Buzyn a reçu vendredi matin au ministère de la Santé les médecins, infirmiers, syndicats et directeurs hospitaliers pour lancer une "mission nationale" dont le premier rapport est attendu en novembre. "Cette mesure reste quand même à l'appréciation du médecin, et faire appel aux autres services pour détacher un infirmier qui descendrait renforcer les urgences en cas de départ SMUR, en fonction de la charge de travail des urgences". Enfin, le plafonnement des heures supplémentaires sera rehaussé, à 20 heures par mois.

Mais ces mesures - qualifiées de "vaste blague" par la CGT urgences à l'origine avec FO, SUD et CFE-CGC de l'appel à la journée de mobilisation et de grève nationale ce mardi - n'ont pas convaincu une profession qui, selon les mots de François Braun, président de Samu-Urgences de France, "ne respire plus".

"Des effets d'annonce sur les primes avec beaucoup d'incertitudes, des protocoles de coopération seulement pour les infirmiers.", a déploré Hugo Huon du collectif Inter-urgences qui avait initié le mouvement mi-mars. 101 services étaient en grève jeudi partout en France.

Mais sur le terrain, les professionnels s'impatientent.

Débuté le 18 mars à l'hôpital parisien Saint-Antoine après un nouvel acte de violence envers les soignants, le mouvement de grogne du personnel des urgences s'est étendu depuis à d'autres sites en région parisienne et dans d'autres grandes villes. "Et puisque les revendications du service des urgences concernent tous les agents de l'établissement, le syndicat CGT de l'hôpital a décidé d'appeler l'ensemble des agents de l'hôpital à rejoindre ce mouvement le vendredi 21 juin 2019".

Étape cruciale du conflit à la fin mai, quand des soignants de Lons-le-Saunier ont été réquisitionnés à leurs domiciles pour compenser l'absence de collègues en arrêt maladie.

Cette information a depuis été confirmée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP): "Il a été demandé à une partie de l'équipe du service d'accueil des urgences de l'après-midi, sur la base du volontariat, de se mobiliser pour assurer la continuité des soins".

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